Renée-Laure Dumoulin a la cinquantaine bien affranchie. C’est une intellectuelle. Partie de son pays d’origine il y a plusieurs années, elle a eu son parcours d’intégration parfois cahoteux mais au bout du chemin, elle s’en est tirée. Renée-Laure Dumoulin est née dans une famille d’enseignants, elle est donc devenue une éducatrice. Il y a eu ensuite le départ pour un autre pays.
Renée-Laure Dumoulin a choisi la France pour le dépôt de ses valises. La France l’a murie, la France l’a adoptée, la France a reconnu son talent. Renée-Laure Dumoulin est une nouvelle écrivaine très épanouie après avoir affronté les écueils qui se sont dressés sur son parcours. Ce parcours qui selon elle est un exemple, elle l’a écrit dans un livre au titre évocateur car désormais, Renée-Laure veut parler de son vécu au monde entier.
Dans cette interview, l’écrivaine nous parle de ses origines, de son bouquin, du chemin parcouru, de ses ambitions et trace une passerelle pour ses comparses à savoir les femmes de toutes origines.

Interview de Renée-Laure Dumoulin auteure de: « Une femme à la beauté éclatante » paru aux éditions l’Eclatante.
Qui est véritablement Renée-Laure Dumoulin?
Mon nom est Renée Laure Niabrui Dumoulin. 55Ans.
Quel est le parcours de Renée-Laure Dumoulin ?
Après le bac en Côte d’Ivoire, j’obtiens en 1998 une Licence en Sociologie, puis en 2002 un Certificat d’Aptitude aux Métiers de Conseiller en Orientation. Je débute alors ma carrière comme Conseillère en Orientation scolaire au sein du Ministère de l’Enseignement Supérieur, puis en tant que Directrice Régionale à l’Agence Emploi Jeune et où j’oriente pendant quinze ans des étudiants et jeunes diplômés vers l’emploi et la formation. Mon parcours se poursuit en France : d’abord comme Technicienne d’intervention sociale et familial à Chambéry, puis à Grenoble, comme Conseillère en Insertion Professionnelle accompagnant des jeunes en difficulté vers un emploi durable. Plus de vingt ans d’expérience, au total, au service de l’insertion sociale et professionnelle — un fil qui traverse mon livre autant que ma vie.
Qu’est-ce qui vous a fait quitter votre pays d’origine ?
La curiosité, Je préfère ne pas parler de « quitter », mais d’envol. Je me suis envolée, vers d’autres compétences à acquérir, d’autres réalisations à construire, d’autres possibilités à saisir. Le poste que j’occupais m’a échappé, et avec lui une partie de l’élan qui me portait jusque-là. Je sentais qu’il n’y avait plus, à cet endroit de ma vie, ni la force ni l’inspiration pour continuer ce combat-là ni dans mon mariage, ni dans mon travail. Et puis il y a eu la rencontre. Je pensais simplement bâtir des ponts entre la France et la Côte d’Ivoire. Mais quelque chose en moi s’est mis à regarder vers l’Europe, L’Angleterre ou la Sibérie.. avec la certitude qu’il y avait là-bas d’autres portes à ouvrir, d’autres formes d’abondance à créer pour moi, et pour mes enfants. Je me suis envolée, vers une autre inspirations.
Une femme à la beauté éclatante est votre premier roman. Est-ce une biographie ou une autobiographie ?
C’est un récit de vie, une autobiographie assumée, écrite à la première personne, sans filtre romanesque. Ce n’est pas une fiction inspirée de faits réels : c’est mon histoire, racontée avec la distance et la tendresse que seules les années permettent.

Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce roman ?
J’ai voulu transformer en transmission ce que j’ai longtemps vécu en silence , le départ, la reconstruction, le rapport à l’argent, à la foi, à moi-même. Écrire, c’était refuser que ces blessures restent muettes, et offrir à d’autres femmes la permission de se choisir.
Faites-nous-en quelques mots le résumé de votre bouquin, s’il vous plaît.
Une femme à la beauté éclatante raconte le chemin d’une femme qui quitte ce qui l’étouffe pour apprendre, pas à pas, à habiter enfin sa propre vie — son corps, son enfant intérieur, sa relation à l’argent, à la foi, à ses ancêtres. C’est l’histoire d’une beauté qui ne vient pas du regard des autres, mais de la réconciliation avec soi-même.
Renée-Laure Dumoulin devient donc une écrivaine, peut-on s’attendre à une panoplie de romans signés Renée-Laure Dumoulin ?
Oui. Ce livre est un premier pas, pas un point final. J’ai d’autres histoires à transmettre, et l’écriture est devenue pour moi un espace de vérité que je compte continuer d’habiter.
Quel est l’état d’esprit actuel de Renée-Laure Dumoulin?
Je suis dans un moment de paix active. Je ne cherche plus à prouver, je continue simplement à construire ; avec moins de peur, avec plus de confiance. Ce livre en est la preuve la plus concrète : il existe, il porte mon nom, et je l’ai écrit à un moment où je n’aurais peut-être pas cru en avoir la légitimité. Je sème encore, mais je récolte déjà. Et cet état d’esprit-là, je le dois autant à ce que j’ai traversé qu’à la décision, chaque jour, de choisir la confiance plutôt que la peur.
A-t-elle réussi selon sa vision?
Oui. Et la preuve la plus tangible, c’est ce livre que j’ai écrit. Pendant longtemps, réussir ressemblait pour moi à des choses extérieures : une maison, un poste, une reconnaissance. Aujourd’hui, mes résultats se mesurent aussi autrement : ce livre existe, il est né de moi, il porte mon nom. Je l’ai écrit alors que je n’avais pas toujours cru en avoir le droit ni la légitimité. Alors oui, j’ai réussi selon ma vision ; parce que ma vision n’a jamais été d’accumuler, mais de transformer. Et ce livre est la démonstration que je peux transformer une blessure en héritage, un silence en parole.
Quel message avez-vous pour des personnes qui ont votre parcours ?
Vous n’avez pas à mériter votre place. Vous n’avez qu’à décider de l’occuper. Ce que vous portez comme blessure peut devenir votre voix; pas votre prison.
Interview réalisée par Armand Iré
Lemediacitoyen.com

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