Les partis politiques comme le RHDP, le PDCI, le PPA-CI, l’ADCI, le MGC, le COJEP et les soroïstes préparent leurs stratégies pour 2026. Analysons les dynamiques en cours.
Tout d’abord, l’Assemblée nationale a élu Patrick Achi à sa présidence. Alassane Ouattara a reconduit Robert Beugré Mambé comme Premier ministre et a nommé Téné Birahima Ouattara comme vice-Premier ministre. Ces personnalités appartiennent toutes à la majorité en Côte d’Ivoire. En revanche, l’opposition politique est en pleine mutation. Par défaut de nomination, les femmes sont quasi absentes du personnel politique de premier plan.
Dynamiques au sein des partis et tendances politiques
Pour sa réélection, Alassane Ouattara a obtenu près de 90 % des voix en octobre 2025. Cela s’est fait sans la participation des principaux leaders de l’opposition. De plus, lors des législatives de décembre 2025, également boycottées par une partie de l’opposition, le RHDP semble se renforcer à la fois institutionnellement et politiquement.
Cette restructuration se traduit par la nomination de Patrick Achi à la présidence de l’Assemblée nationale pour le mandat 2026-2030. Ce choix vise à promouvoir la responsabilité, la stabilité et l’ambition nationale. La reconduction de Beugré Mambé à son poste de chef du gouvernement permet d’assurer la continuité et le développement économique. La création du poste de vice-Premier ministre pour Téné Birahima Ouattara est également significative.
Il est indéniable qu’Alassane Ouattara place ses hommes. Son discours met l’accent sur la sécurité, le développement économique et l’unité nationale. En conclusion, le RHDP reste dominant et influent dans la sphère politique ivoirienne en ce début d’année 2026. Toutefois, le défi de maintenir l’unité interne face aux ambitions individuelles est à ne pas négliger.
Le PDCI et les éléments perturbateurs
Le PDCI-RDA, quant à lui, affiche sa solidarité envers les militants emprisonnés durant l’élection de 2025. Le parti résiste aux intempéries politiques. Malgré les tensions entre ses cadres influents, comme Emmou Sylvestre, Jacques Ehouo et Jean-Marc Yacé, le PDCI apparaît stable. Ces tensions sont perçues par certains comme des éléments perturbateurs.
Le PDCI se positionne comme un parti d’opposition structuré. En attendant la mise en œuvre des réformes annoncées, l’administration Tidjane Thiam s’ouvre aux propositions internes pour moderniser le parti. Ainsi, un lifting est à prévoir en 2026.
Gbagbo part pour rester
Par ailleurs, le climat au sein du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) demeure constant malgré sa fragilité. Des cadres se sont présentés aux élections présidentielle et législatives, en dépit des consignes du parti. Réuni en Comité central le 25 janvier 2026, le PPA-CI demande à Laurent Gbagbo de revenir sur sa décision de se retirer.
Cette demande augure d’une dynamique centrée sur le combat pour 2026, si Gbagbo revient sur la scène politique. Il est également probable que le PPA-CI adopte une nouvelle stratégie, d’autant plus que 2026 n’est pas une année électorale. Comme le PDCI, le PPA-CI compte des militants en détention en raison de l’ambiance électorale de 2025.
Il est donc attendu que 2026 mette l’accent sur la vision panafricaniste et souverainiste du PPA-CI, tout en se concentrant sur la réconciliation et la justice sociale. Le parti devra apprendre des leçons, se restructurer et se réconcilier en interne après les frictions causées par le boycott électoral.
L’Alliance des Démocrates de Côte d’Ivoire (ADCI) a récemment tourné la page des législatives. Dans une adresse à la presse, l’ADCI a promis de devenir un mouvement dont la voix porte. Pour cela, elle mise sur la démocratie participative, la transparence et l’inclusion sociale. Sa survie politique dépendra de sa capacité à s’ancrer durablement dans les territoires et à peser dans les coalitions d’opposition.
De son côté, Simone Ehivet Gbagbo reste fidèle à son discours de justice sociale et de réconciliation. Le message du Mouvement des Générations Capables (MGC) est pertinent pour la consolidation du personnel politique ivoirien. Cependant, la présidente du mouvement doit développer des stratégies pour élargir son audience au-delà de l’héritage du FPI.
Le COJEP, dirigé par Charles Blé Goudé, cherche à se repositionner politiquement. Il aspire à promouvoir l’autonomie et la mobilisation citoyenne. Le COJEP se positionne également comme un acteur de réconciliation et de justice sociale. En 2026, Blé Goudé souhaite peser seul dans le débat national tout en appelant à la réconciliation nationale. Il doit cependant prouver la crédibilité de son leadership auprès de la jeunesse qu’il souhaite mobiliser.
Résistance numérique
Enfin, les soroïstes, marqués par l’exil de leur leader et des contraintes judiciaires, continuent d’affirmer leur présence à travers l’activisme numérique. Ils conservent leur influence dans l’espace numérique, touchant une partie de la jeunesse et de la diaspora. Qu’ils soient réintégrés ou non dans le système, les soroïstes incarnent une opposition hors système. Leur force de contestation face au pouvoir en place reste significative. Ainsi, même si l’absence physique de Guillaume Soro fragilise l’organisation, son image continue de mobiliser une base militante fidèle.
En somme, le personnel politique ivoirien en 2026 est marqué par un RHDP dominant, une opposition recomposée autour du PDCI et du PPA-CI, ainsi que des figures historiques cherchant à rester influentes. Cette bataille politique se joue entre institutionnalisation et coalition, avec une forte attente citoyenne en matière de gouvernance, d’inclusion et de justice sociale.
Axelle Bomo
Lemediacitoyen

Soyez le premier à commenter