Instances électorales. La dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) en mai 2026 marque une étape cruciale dans l’évolution politique de la Côte d’Ivoire. Le pays se prépare à mettre en place un nouvel organe électoral. Dans cette ambiance, Marie-Flore Begou donne de la voix. La présidente de l’organisation Citoyenne Engagée pour le Leadership et la Démocratie Côte d’Ivoire (CELD-CI) soulève une question essentielle : où sont les femmes dans ce processus décisionnel ?
En effet, les femmes représentent près de la moitié de la population ivoirienne, et constituent une majorité du corps électoral. Elles ont voté, milité et parfois risqué leur vie pour défendre la démocratie. Pourtant, leur présence au sein des instances décisionnelles reste quasi inexistante. La CELD-CI dresse ce constat d’une démocratie jugée incomplète, dans un communiqué parvenu à notre redaction. Aussi, la CELD-CI rappelle-t-elle que la démocratie ne se limite pas à un nombre de partis politiques ou à la fréquence des élections. Elle doit également inclure la reconnaissance des femmes comme acteurs politiques à part entière.
Marie-Flore Begou fait observer que la Côte d’Ivoire n’évolue pas dans un vide juridique. En tant que membre de la communauté internationale, le pays est engagé par des traités qui garantissent la participation des femmes dans les instances de gouvernance. La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance exigent une représentation équitable des femmes.
Aussi, l’organisation insiste sur le fait que la présence des femmes dans les organes électoraux ne doit pas être perçue comme une faveur, mais comme un droit inaliénable. Des études montrent que cette présence renforce la confiance des citoyennes dans le processus électoral et répond mieux à leurs besoins spécifiques. Les femmes apportent une connaissance des réalités communautaires et une sensibilité à l’inclusion qui sont indispensables pour une gestion électorale efficace.
Une opportunité historique
La dissolution de la CEI est aussi une occasion pour refonder une institution clé de la démocratie. La CELD-CI appelle les autorités, partis politiques et organisations de la société civile à inscrire la parité comme un principe fondamental dans la conception du nouvel organe électoral. « Nous demandons un minimum de 30% de femmes au sein du futur organe chargé des élections, à tous les niveaux de sa structure, du secrétariat exécutif aux commissions locales »
Pour la CELD-CI, l’autonomisation des femmes et leur intégration dans les espaces décisionnels ne sont pas des options, mais des conditions essentielles pour une démocratie durable, juste et légitime. Marie-Flore Begou croit qu’il est temps d’agir. Pas demain. Maintenant.
Christelle GuéiLemediacitoyen.com

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