Le lancement officiel des tables rondes « Graine de paix » 2026 s’est tenu ce jeudi 5 février 2026 à l’hôtel Rose Blanche, à Cocody-Angré. Cet événement a été organisé par l’ONG Opinion Éclairée en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg.
Sous le thème « Quel avenir pour la démocratie dans le nouvel ordre mondial », les panelistes ont abordé la problématique liée à nos démocraties et ont formulé des recommandations pour une résilience démocratique, en particulier en Afrique.

Modéré par Marie-Gisèle N’Guessan, journaliste et consultante en communication stratégique et marketing politique, le panel a débuté par un bref état des lieux de la démocratie en Afrique et dans le monde, présenté par le Dr Sylvain N’Guessan, Directeur de l’Institut de Stratégies d’Abidjan. Selon lui, « la démocratie n’existe pas », du moins tant qu’elle n’est pas fondée sur des efforts, de la transparence et des sacrifices de la part des acteurs du système de bonne gouvernance, qui « constitue un levier de manipulation ». Au-delà des valeurs de bonne gouvernance, il préconise une démocratie adaptée à nos réalités africaines, notamment l’inclusion de stratégies de gouvernance traditionnelles avec une société civile forte et une population engagée.
M. Mathias Hounkpè, expert en gouvernance politique et processus électoraux en Afrique de l’Ouest, a souligné les imperfections et les limites de la démocratie en général avant de faire ses recommandations. Pour nos pays africains, il a suggéré de « redéfinir les valeurs fondamentales de la démocratie, notamment la liberté, la justice, l’égalité, l’inclusion et le pouvoir au peuple ; et de mettre en œuvre des mécanismes pour l’opérationnaliser et la rendre spécifique à notre contexte ».
En somme, les experts présents ont été unanimes sur la complexité de la mise en œuvre de la démocratie de manière universelle. Ils ont exprimé leurs préoccupations concernant l’intelligence artificielle, qui fragilise les valeurs démocratiques et menace les processus démocratiques. Cependant, ils demeurent optimistes quant aux solutions proposées pour renforcer la démocratie, afin qu’elle devienne une réalité dans nos États.

Ce lancement s’est déroulé sous la supervision de Marie N’guettia Akoua, Responsable de programmes au bureau Afrique de l’Ouest de la Fondation Rosa Luxemburg.
L’événement a également vu la participation et l’intervention de jeunes engagé(e)s, d’acteurs et d’actrices de la société civile, de représentants des partis politiques, de cadres d’institutions, ainsi que de personnalités publiques, dont le journaliste André Sylver Konan, qui a ajouté que « la conscience collective, la protection des activistes de la démocratie, la fin des combats par procuration et le développement d’une conscience citoyenne forte » sont essentiels.

« Graine de paix nous a permis de réconcilier les jeunes d’Agboville et d’offrir aux femmes de Duokoué l’opportunité de dialoguer et de prendre des résolutions de paix et de cohésion », témoigne Marie Flore Begou, coordinatrice de l’ONG Citoyennes engagées pour la démocratie et la paix et bénéficiaire de cette initiative citoyenne.
Cette initiative, issue du programme « Paix et Sécurité », a été lancée depuis mai 2020 en Côte d’Ivoire. Pour l’année 2026, les tables rondes « Graine de paix » se tiendront à Abidjan, Nahio, Koun-Fao, Tiassalé et Bingerville, de février à juin, selon la coordonnatrice des tables rondes en Côte d’Ivoire et présidente de l’ONG Opinion Éclairée, Mme De Laure Nesmon.
Axelle Bomo
Lemediacitoyen

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