Discours de haine en ligne : Les lignes bougent

 Discours de haine en ligne. Nouveau mois, nouvelle observation, nouvelles tendances des discours de haine en ligne. La coalition de monitoring a livré son rapport hebdomadaire et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour la première semaine du mois d’avril 2021, les lignes ont bougé sur la toile ivoirienne.

     L’échantillon d’observation s’est agrandi (de 135 à 136 groupes pages et profils Facebook), la tendance cette semaine est elle aussi à la hausse, même cette hausse est minime (+0,09%). De 64 discours de haine 7 jours en arrière, l’on est passé à 70 pour la période du 1er au 8 avril 2021. Pourtant, en ce qui concerne la répartition par catégorie, les observateurs relèvent une baisse de la plus grande majorité. Elle touche 7 catégories sur les 10 identifiées par cette coalition du Programme Transition et Inclusion politiques en Côte d’Ivoire.

     Et certaines parmi elles sont carrément introuvables, comme les vœux macabres (vœux de mort), les menaces, les délations, les justifications de la haine, les incitations au meurtre/à la révolte.  

         Les 3 catégories restantes sont pour leur part en hausse. Il s’agit des animalisations, une des catégories les plus graves, qui a été d’ailleurs la plus présente cette semaine (29 propos recensés). Il est également question des injures à caractère identitaire ou xénophobe (11 identifications) et des attaques contre les communautés (1 apparition).

       L’actualité à l’origine de ces propos haineux a été essentiellement politique (avec la sortie jugée maladroite d’une jeune députée) et culturelle (marquée par les suites de l’histoire des critiques d’un influenceur à scandale à l’endroit d’une ancienne gloire de la télévision nationale).

        Parlant de sources, les groupes Facebook ont concentré 94% des discours de haine recensés sur toute la période, devenant ainsi les principaux pourvoyeurs. La semaine d’avant, c’étaient les pages qui totalisaient le plus de discours haineux.

       La composition du trio dominant est, quant à elle, restée inchangée. Seulement que dans l’ordre, les animalisations sont arrivées en tête pour la première fois depuis le début du monitoring en septembre 2020. Suivent les injures et diffamations (27 identifications) et les injures ou propos xénophobes.

      Un fait peu commun a retenu l’attention des observateurs cette semaine : deux discours de haine provocateurs n’ont pas été relayés en commentaires comme d’ordinaire mais plutôt en statuts, en publications « officielles ». Ce qui traduit une volonté d’assumer le propos haineux. En statut, la publication apparait tout de suite dans le fil d’actualité, donc est plus visible qu’en commentaire où il faut faire un effort de recherche. 

      Le risque avec les provocations, c’est qu’elles sont de nature à aggraver le phénomène de la haine en ligne. Heureusement cette situation n’est pas irréversible. Il est possible d’y mettre fin, par un engagement (collectif ou individuel) à ne pas se faire le relais d’injures, de propos sexistes par exemple,  ou par une décision de ne dire que des choses constructives, sans accuser, sans indexer, sans insulter… même sur Facebook.

Source : Internews 

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