Litige foncier/ AHOUE : Le CAFOD réclame une enquête publique à l’Etat de Côte d’Ivoire  

Le Collectif des Attributaires de la Forêt de la Djibi (CAFOD) en pleine conférence de presse

 

    Le Collectif des Attributaires de la Forêt de la Djibi (CAFOD) a tenu une conférence de presse relative au communiqué du Ministère de la Construction, du logement et de l’Urbanisme le vendredi 14 novembre 2025 au siège de EOX-CI NOVELLE à Angré Djorogobité.

 

    Dans sa déclaration liminaire prononcée lors de la conférence de presse, le CAFOD revendique 450ha des 514ha du site les « jardins de AHOUE » réservé à la construction des logements sociaux mentionné dans le communiqué du Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme le mardi 11 novembre 2025. L’Etat de Côte d’Ivoire a affirmé que le site est désormais sa réserve domaniale.   

    Cette conférence vient mettre la lumière sur les tenants et aboutissants de cette « décision unilatérale » du Ministère de la Construction, du logement et de l’Urbanisme.

   

Mobio Eric, porte-parole du CAFOD lors de la conférence de presse

D’après le porte-parole du collectif, Mobio Éric « l’Etat n’est pas le propriétaire des 450ha concernés par le décret de déclaration d’utilité publique parce que cette parcelle de la réserve domaniale de l’Etat fait partie du site de 1042ha ». Un site qui selon eux leur a été attribué depuis 1967 à l’issu du déclassement de la forêt de la Djibi en 1959.

     L’association a fait également savoir que l’annulation de l’arrêté de l’approbation du lotissement avait abouti après plusieurs démarches administratifs, politiques et juridiques pour réclamer la légitimité de leur parcelle. Le porte-parole du collectif confie « qu’il leur restait qu’à satisfaire les conditions du cahier de charge afin de consolider leurs droits individuels ». 

    De ce fait « Ce décret présidentiel pris sans notre intégration au processus ni la régularisation de nos actes posées, tente de consacrer notre expropriation » mentionnent les attributaires dans la déclaration.

    Le collectif appelle donc les autorités à agir conformément aux articles 240 et 265 du code de l’urbanisme votés en 2022.

    En vue du respect de la loi, le CAFOD préconise à l’Etat de « rapporter l’ensemble des actes administratifs conférant propriété définitive, qui ont été pris par le ministère de la construction au profit d’opérateurs privés, avant l’entrée en vigueur du décret de déclaration d’utilité publique ». Ensuite « lancer une enquête publique pour identifier formellement ceux qui réclament des droits sur le site ». Puis « prendre un arrêté ministériel qui va créer le cadre institutionnel légal qui conduira tout processus d’expropriation une fois les résultats de l’enquête connu ». Et enfin « stopper TOUS les travaux sur le site et TOUTES les cessions comme le stipule le décret »

    Par ailleurs, les membres interpellent les acquéreurs de ces logements sur les conséquences de ce litige sous-jacent et invitent les citoyens de ce pays à soutenir la démarche en conditionnant leur acquisition à la résolution définitive de ce litige.

    Pour rappel, le Ministère de la Construction, du logement et de l’Urbanisme avait publié un communiqué le mardi 11 novembre 2025 pour informer les populations que « le site d’AHOUE, d’une superficie totale de 514 hectares a été déclaré d’utilité publique par le décret No 2025-233 du 09 avril 2025. Il constitue désormais une réserve domaniale de l’État exclusivement destinée à la réalisation de logements sociaux dans le cadre du programme présidentiel de construction de logements sociaux et économiques ».

Le communiqué du Ministère de la Construction, du logement et de l’Urbanisme

Axelle Bomo

Lemediacitoyen

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