Leader ivoirien engagé depuis plus de quinze ans dans la justice sociale et les droits humains, Nahounou Daleba porte aujourd’hui l’ambition d’un mandat fondé sur l’équité sociale, la bonne gouvernance et la participation citoyenne. À travers cette interview, il dévoile sa vision pour réduire les inégalités, renforcer la protection sociale et construire une Côte d’Ivoire durable, inclusive et juste.
Présentez-vous en deux phrases…
Nahounou DALEBA est un leader ivoirien engagé dans la justice climatique, la protection des communautés et le renforcement des mouvements sociaux en Afrique. Titulaire d’un Bac C, d’un Bac A1, d’un DEA en géographie économique, doctorant en instance de thèse et détenteur de certificats en suivi-évaluation (CERAP) et en justice climatique, il est militant des droits humains depuis plus de 15 ans.
Comment avez-vous accueilli la validation de votre candidature, quand on sait qu’aux présidentielles la candidature du leader de l’ADCI a été invalidée ?
Un sentiment de joie mais aussi de lourde responsabilité, surtout que nous étions déçus de la non-validation de la candidature de notre président.
On vous sait engagé pour la justice sociale. Quel rôle pensez-vous que le député doit jouer pour réduire les inégalités ?
Le député doit veiller à ce que le citoyen moyen ne supporte pas, lui seul, les dépenses de l’État, veiller à rationaliser les dépenses publiques, tout en proposant des lois qui favorisent les plus démunis et les personnes en situation de précarité.
Quelle est votre vision pour améliorer l’accès à l’éducation pour tous, en particulier pour les enfants issus de milieux défavorisés ?
On a une vision qui se retrouve dans le projet de société de l’ADCI : faire rêver nos enfants en instaurant des bourses d’études et non des “bourses de vacances” pour les enfants des couches défavorisées. Faire la promotion des internats car, issu d’une famille moyenne, je suis également le fruit d’un lycée à internat.
Quelles mesures législatives proposeriez-vous pour lutter contre le chômage, en particulier chez les jeunes ?
Comme je l’ai dit, en tant que VP de l’ADCI, nous avons un programme qui répond à cette problématique. C’est dans cette logique que nous travaillerons pour proposer des projets de loi qui sortent les Ivoiriens du travail précaire, tout en valorisant des champions locaux dans certains domaines souverains.
Comment comptez-vous promouvoir des conditions de travail décentes pour tous les travailleurs ?
Je pense que l’ADCI va demander une enquête parlementaire pour comprendre l’écosystème du travail dans certains secteurs tels que les zones industrielles, la sécurité privée, les aides ménagères et d’autres secteurs, notamment l’enseignement. Nous allons proposer des projets de loi qui donneront une dignité aux travailleurs de notre pays, que ce soit dans le privé comme dans le public.
Quelles actions comptez-vous entreprendre pour promouvoir l’égalité des sexes et lutter contre les violences faites aux femmes ?
Déjà, en tant que défenseur des droits humains, nous le faisons. Nous allons continuer à faire connaître les dispositions légales existantes, à veiller à leur application, tout en créant dans notre circonscription une cellule de veille pour recueillir toutes les violations en la matière.
Comment envisagez-vous de soutenir l’autonomisation économique des femmes en Côte d’Ivoire, étant à l’hémicycle ?
Nous allons travailler à proposer des projets de loi qui garantissent l’accès à des financements pour les femmes et qui facilitent ces financements. On pourra, au sein du groupe ADCI, travailler avec les collègues pour proposer un fonds institutionnel qui ne soit pas politisé.
Que proposez-vous pour renforcer la protection sociale des populations les plus vulnérables ?
Quitter l’assistanat (appels à dons par des individus) pour aller vers une institutionnalisation du social à tous les niveaux (santé, éducation, logement, alimentation…).
Pensez-vous qu’une réforme des systèmes de sécurité sociale est nécessaire ? Pourquoi ?
Oui, elle est nécessaire en voyant chaque jour les appels à l’aide, le fonctionnement mitigé de l’Assurance Maladie Universelle, les malades mentaux dans les rues, des personnes abandonnées dans les hôpitaux… Il faut un vrai système social qui réponde aux réalités du moment.
Comment comptez-vous impliquer les citoyens dans le processus décisionnel concernant les politiques sociales ?
Pour Bingerville, nous aurons des sous-assemblées populaires qui seront dirigées par des représentants désignés par les différents secteurs. Ces personnes porteront les attentes des populations en matière de gestion de la chose publique. Nous aurons également, par recevabilité, des discussions avec les populations avant et après les projets de loi adoptés à l’Assemblée nationale. On se dotera d’une permanence qui sera à l’écoute des populations de Bingerville.
Quelles initiatives prévoyez-vous pour renforcer la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques ?
Déjà, informer les populations sur la gestion des ressources publiques, dénoncer quand celles-ci sont mal gérées, et contrôler, avec les autres députés, tous les actes de gestion du gouvernement. Nous allons proposer une réforme de l’Autorité de la bonne gouvernance pour qu’elle puisse se doter de moyens plus coercitifs qu’aujourd’hui.
Comment envisagez-vous de concilier justice sociale et développement durable ?
Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire, c’est vivre décemment tout en préservant l’avenir de nos enfants. Cela passe par la rationalisation dans l’exploitation des ressources naturelles, la construction d’un système social structurel et non conjoncturel, et la protection des ressources de notre pays pour qu’elles servent d’abord les Ivoiriens et les Ivoiriennes.
Quelles sont vos propositions pour intégrer les enjeux environnementaux dans les politiques sociales ?
Nous allons travailler sur la question de l’agroforesterie, relire certaines conventions climatiques, et veiller à ce que les communautés soient au cœur des décisions des dirigeants dans le cadre de la préservation de notre environnement.
Quel est votre plan pour lutter contre la corruption au sein des institutions publiques, qui peut entraver la justice sociale ?
C’est un plan global que l’ADCI a inscrit dans son projet de société, qui oblige les dirigeants à réellement publier leur patrimoine avant d’occuper des postes de décision, à amener le gouvernement à communiquer sur les grands projets et leurs financements, et à veiller à ce que certains ne profitent pas de leur position dans la sphère décisionnelle pour s’enrichir.
Comment comptez-vous garantir que les ressources destinées à la lutte contre la pauvreté soient utilisées de manière efficace ?
En tant que député, c’est de communiquer sur le budget alloué à cet effet et de convoquer les responsables de ce département pour des questions orales afin d’expliquer au Parlement la politique de lutte contre la pauvreté, pour mieux évaluer l’impact.
Comment voyez-vous la Côte d’Ivoire dans 5 ans en matière de justice sociale ?
Si nous avons la confiance des concitoyens et concitoyennes, nous avons foi qu’elle va s’améliorer considérablement.
Quelles sont vos priorités pour bâtir un avenir plus juste et équitable pour tous les Ivoiriens ?
Nos priorités sont de voter des lois qui protègent les Ivoiriens et Ivoiriennes dans certains secteurs (foncier, emploi, cherté de la vie…) ; aussi, proposer des lois qui garantissent la liberté des citoyens pour mieux contrôler les actions du gouvernement et travailler à l’éducation d’une masse critique de citoyens et citoyennes.
Interview réalisée par ND Lemediacitoyen.com

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