À quelques encablures d’Abidjan, le domaine de la rêverie de Yapokoi s’apprête à devenir une réserve naturelle volontaire, témoignant d’un fort engagement en faveur de la biodiversité. Ce projet, qui allie initiatives privées et participation communautaire, a été mis en lumière lors d’un voyage de presse du projet Afri’kibaaru. Découvrons ensemble!
Par Delores Pie
Du 11 au 12 décembre 2025, les journalistes bénéficiaires du projet Afri’kibaaru 2 ont effectué le second voyage de presse du projet dans la forêt de Yapokoi. Le lieu a servi de cadre d’échanges entre journalistes bénéficiaires du projet Afri’kibaaru 2, experts du ministère de l’environnement, communautés et gestionnaires du domaine de la rêverie. Les échanges ont porté entre autres sur les règles pour ériger une forêt en réserve naturelle volontaire et la cogestion comme levier de conservation participative etc.
Existence d’un cadre normatif et des critères stricts pour l’érection d’une forêt en réserve naturelle volontaire
En Côte d’Ivoire, il existe un cadre légal qui encadre la gestion des réserves naturelles volontaires. Adams Kouassi, chef de service au niveau de la direction de la protection de la nature au ministère de l’environnement et de la transition écologique le rappelle : « c’est à partir de la loi de 2002-102 du 11 Février 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et réserves naturelles que des particuliers ont eu la possibilité d’être à l’initiative d’une réserve naturelle. L’article 102 du code de l’environnement renforce également cette disposition.»
La création d’une réserve naturelle volontaire repose sur des critères écologiques et juridiques précis. Le représentant du ministère de l’environnement est formel : « Pour qu’un site soit classé en réserve naturelle volontaire, ce site doit au moins être naturel, avoir un bon état de conservation et un intérêt régional, national ou international. Il doit être remarquable ou exceptionnel et contenir plusieurs éléments naturels ou culturels. Il doit être riche en espèces (faune et flore).»
Ce sont ces critères de rareté là qui sont souvent mis en avant pour le classement d’un îlot forestier en réserve naturelle volontaire. Mais aussi il y a un élément important. Il faut que le promoteur puisse avoir la propriété du site pour éviter un certain nombre d’éléments dommageables . De plus, en termes de superficie, le site doit faire un demi hectare minimum.
Au-delà des critères administratifs et fonciers, il ressort des échanges que la présence d’espèces animales spécifiques constitue également un marqueur essentiel pour attester de l’état de conservation d’un site naturel. « C’est même la présence d’animaux spécifiques qui va traduire un bon état de conservation.» Poursuit-il
Le projet de Yapokoi, une initiative privée
Concernant la réserve naturelle volontaire de Yapokoi, le projet s’inscrit dans une dynamique mêlant initiatives privées, accompagnement technique et participation communautaire.
«Tous ces leviers au niveau juridique et administratif accompagnent les initiateurs pour mettre des projets sur place. En termes d’encadrement juridique, le plan s’y prête. Maintenant, deuxièmement, la nature même du site donne aussi des leviers pour pouvoir être érigés en Réserve Naturelle Volontaire. Nous avons introduit les différents dossiers depuis quelques années et nous sommes à la porte de sortie. Le projet est conduit par un promoteur privé. Celui-ci bénéficie de l’appui technique de l’ONG (IDEF), Initiative pour le Développement des Forêts, tout en intégrant les communautés locales dans une approche participative.» souligne Marc Kouadio, Président de l’ONG IDEF porteuse du projet d’érection du domaine de la rêverie de Yapokoi en Réserve Naturelle Volontaire. Et l’ONG IDEF quant à elle, inclut les communautés dans un souci d’approche participative.
La cogestion, modèle de la conservation participative
Le modèle des réserves naturelles volontaires repose sur la cogestion, un mécanisme qui favorise l’implication des communautés dans la protection et la valorisation durable des ressources naturelles. Pour Marc Kouadio, cette approche constitue le socle du fonctionnement de ces espaces de conservation.
Les promoteurs peuvent associer plusieurs acteurs à la gestion et à la promotion du site, tout en impliquant les populations riveraines, principales bénéficiaires des services de la forêt. Cette participation se manifeste notamment par leur rôle dans la surveillance et la protection des aires protégées.
Des initiatives similaires existent déjà en Côte d’Ivoire, notamment autour du corridor écologique de Taï, où la surveillance est assurée par des jeunes issus des villages riverains, avec l’appui de l’Office ivoirien des parcs et réserves. A Taï, c’est l’association des jeunes des quatre villages de l’aire protégée, qui en assurent la surveillance avec l’appui de l’Office ivoirien des parcs et réserves.
A propos du projet Afri’kibaaru 2
Afri’kibaaru 2 renforce les capacités des médias d’Afrique de l’Ouest et du Centre sur les enjeux climatiques. Ce, à travers des appuis éditoriaux, techniques et managériaux. Le programme permet aussi aux journalistes, via des voyages de presse, d’observer les impacts du changement climatique et d’échanger avec des experts.
Lemediacitoyen.com

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