Excision. L’indignation face à l’horreur de l’excision ne faiblit pas. Ce, surtout dans un contexte où des voix s’élèvent pour défendre cette pratique barbare. Au Mali, le mouvement « Oui à l’excision » émerge, soutenu par des hommes qui semblent vouloir faire reculer des décennies de luttes pour les droits des femmes. Dans un monde où les droits humains devraient être une priorité, cela est inacceptable.
L’excision, souvent présentée comme une tradition ou une obligation religieuse, est en réalité une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles. Elle est synonyme de souffrances physiques et psychologiques incommensurables et peut avoir des conséquences graves sur la santé reproductive. S’appuyer sur des interprétations de textes religieux pour justifier cette pratique est non seulement dangereux, mais aussi profondément injuste. La religion ne doit pas être un prétexte pour contrôler les corps des femmes.
Manif à Paris en réaction à la campagne « oui à l’excision »
L’argument de Koué Diakité, ce « prêcheur » résidant en Espagne, qui évoque des fondements islamiques pour défendre l’excision, est non seulement contestable, mais il est aussi révélateur d’une volonté de maintenir les femmes dans une position de soumission. Les interprétations des hadiths et des écoles de jurisprudence ne doivent pas occulter la réalité vécue par des millions de femmes qui souffrent de cette pratique. Les voix de la modernité, de la science et de l’humanité doivent prendre le dessus sur des traditions qui n’ont plus leur place dans notre société contemporaine.
Il est essentiel de saluer les actions courageuses menées par les féministes en Côte d’Ivoire, au Bénin, en Guinée, au Sénégal et ailleurs en Afrique. Elles se mobilisent pour soutenir les femmes et les filles du Mali dans leur lutte contre l’excision. Leurs initiatives témoignent d’une solidarité indéfectible et d’un engagement à défendre les droits humains sur tout le continent. Nous saluons également la manifestation organisée par des associations en France ce 22 août 2026, où des voix se sont élevées pour dénoncer cette pratique inacceptable.
Manif féministe à Dakar en soutien aux maliennes.
Au Sénégal, les féministes ont courageusement manifesté devant l’ambassade du Mali, tandis qu’au Mali même, des associations se sont réunies pour faire le point sur la situation et plaider en faveur d’une loi condamnant les mutilations génitales féminines (MGF). Ces actions collectives sont des signes d’espoir et de résilience face à l’adversité.
Il est temps de dire à l’unission, NON à l’excision, NON à la campagne « Oui à l’excision », et OUI à l’autonomie, à la dignité et aux droits des femmes. La lutte contre l’excision est une lutte pour la liberté. Chacune et chacun devra résister face à ces idéologies rétrogrades.
Soyez le premier à commenter