Semences locales et bio, le combat quotidien de Anne et Sogbossi

semences locales
Tchakebera Talpé Anne, agricultrice togolaise de l’Union des Femmes du Secteur Informel (UFSI), au Forum Social Mondial 2026 (LMC)

  Semences locales et bio.  La question s’impose comme un enjeu central de la souveraineté alimentaire africaine.  Anne, agricultrice et Sogbossi, lui aussi agriculteur, racontent leur combat quotidien pour préserver des semences locales. Lemediacitoyen.com les a rencontrés au Forum Social Mondial tenu du 6 au 9 août 2026 à Cotonou.

« Les semences, c’est la fondation, sans elles nous ne pouvons rien produire », résume Tchakebera Talpé Anne, agricultrice togolaise de l’Union des Femmes du Secteur Informel (UFSI), qui cultive maïs, mil, sorgho, fonio, gingembre et citronniers. Après chaque récolte, elle en conserve une partie, mais quand cela ne suffit pas, elle se tourne vers des groupements du Burkina Faso, du Ghana et du Sénégal, qui lui envoient des semences en échange. Une productrice ivoirienne lui a même promis de rejoindre son futur réseau. « J’ai un sorgho rouge et un sorgho blanc, mais au Burkina et en Côte d’Ivoire, il y a un sorgho tout blanc que je n’ai pas. Je veux aussi cultiver cette variété chez moi », explique-t-elle.

Les défis restent nombreux : insectes, mauvaise conservation, manque de savoir-faire. « Avec les insectes, c’est très difficile », confie Anne. Un formateur leur a appris à utiliser les feuilles de neem contre les charançons, technique qui a porté ses fruits cette saison. Elle appelle davantage de formateurs à enseigner la conservation, « pour que nous, les femmes, puissions être autonomes ». Sa recommandation : sécher et piler des feuilles de neem mélangées aux semences avant stockage, méthode qui garantit une bonne conservation.

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Sogbossi, agriculteur au sein de l’ONG Emmaüs, mène un autre combat : celui du bio contre les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).

Au Bénin, à Porto-Novo, M. Sogbossi, agriculteur au sein de l’ONG Emmaüs, mène un autre combat: celui du bio contre les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). Son organisation produit du compost et diffuse la permaculture. « Les jardiniers sont confrontés à une réalité : semences OGM contre semences originales. Nous luttons contre le système OGM », affirme-t-il. Ses semences viennent de boutiques bio locales et de ses propres récoltes, conservées pour les prochaines pépinières. Céleri, salade, poivrons : la gamme est large, toujours locale.

Contrairement à Anne, Sogbossi dit rencontrer peu de difficultés d’approvisionnement ; son objectif est de convaincre les jardiniers d’adopter les semences locales plutôt que génétiquement modifiées. Sa recommandation rejoint celle de sa consœur togolaise : sensibiliser, enseigner, faire circuler l’information, « pour comprendre l’enjeu de cultiver biologiquement avec des semences locales et pouvoir mieux vivre ».

Deux pays, un même combat : la souveraineté semencière, portée au quotidien par des femmes et des hommes qui refusent de dépendre d’un système qu’ils ne maîtrisent pas.

Marie-Carmela Koffi

Lemediacitoyen.com 

Non reconnaissance des semences paysannes, des activistes africains dénoncent – Le Mediacitoyen.com

 

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