Désormais alphabétisée,  Biagne Malthide, 18 ans : « Je voulais qu’on me prenne au sérieux »

Biagne Malthide désormais sûre d'elle et contente de réaliser son rêve (DR)

         Bénéficiaire du projet  Ressources pour l’Élimination de la Vulnérabilité des Enfants  (Reve)  mis en œuvre par Save The Children et ses partenaires, Biagne Malthide a livré un message poignant ce jeudi 26 septembre 2019, à la remise symbolique de certificats de fin d’apprentissage à 70 bénéficiaires de la zone d’Abidjan. Lemediacitoyen.com vous livre l’intégralité de son speech.

                                                                  

        70 bénéficiaires du projet rêve sur les 1112  ont reçu leur certificat de fin d’apprentissage le 26 septembre 2019à Abidjan-Cocody. Ils ont achevé leur apprentissage dans plus de 20 corps de métiers différents avec le financement de l’Agence des Etats Unis pour le Développement International (Usaid). Ils étaient déscolarisés ou laissés pour compte. Koueyou Christophe du ministère de l’Artisanat insiste sur la valeur des parchemins. « En lieu et place registre de commerce, ce certificat de fin d’apprentissage est un registre de métier. Ceux qui sont là méritent d’être artisans. »

         Biagne Malthide, une bénéficiaire de 18 ans, a,  en plus d’avoir appris un métier, appris à lire et à écrire.  Prenant la parole au nom des bénéficiaires, elle a ému l’assistance par ces mots :

         « Bonjour chers parents, Je m’appelle Biagne Mathilde, j’ai 18 ans. Je veux dire merci au projet Reve au nom de tous mes camarades car ce projet a changé nos vies et m’a apportée beaucoup. Avant le projet, je ne faisais rien. Nous sommes beaucoup à ne pas faire quelque chose avant. Notre avenir n’était même pas sûr.  On n’était même pas considéré. Moi je ne suis pas allée à l’école parce que mon papa m’a abandonnée à ma naissance et ma mère était souvent malade. J’ai appris à lire et à écrire aujourd’hui grâce au projet Reve. J’ai même eu mon CEPE en candidate libre cette année.

      Malgré que j’apprenais la coiffure avec ma patronne, je partais au cours d’alphabétisation. Je suis sûre que beaucoup de mes camarades dans la salle sont contents comme moi de savoir écrire et lire car ça aide à vite apprendre le métier qu’on fait et ne pas oublier ce que le patron ou le client nous demande. On a fait aussi les CCV ; Ce qui m’a marqué le plus c’est quand on a appris à connaitre notre corps, à éviter les maladies et les mauvaises camarades. Moi j’ai arrêté de me promener comme avant. Je voulais qu’on me prenne au sérieux et je sais que c’est le cas de beaucoup de mes camarades dans la salle. J’apprends mon métier de coiffure ça va faire 3 ans maintenant. Avoir un métier va nous permettre de travailler et de s’occuper de notre avenir.

       Moi je vais pouvoir prendre soin de ma mère. Comme ça elle va arrêter de vendre et bien se soigner. J’ai compris avec le Business plus qu’il faut bien connaitre ce qu’on veut faire avant de commencer son activité. Je veux ouvrir mon atelier mais pour le moment je vais être encore chez mon patron pour apprendre encore plus et économiser. Aujourd’hui nous recevons nos diplômes, je ne sais pas quoi dire à part merci.  Merci à tous ceux qui ont pensé à nous, qui n’avons pas pu aller à l’école jusqu’à la fin. Merci aux américains pour leur gentillesse, à Usaid, à Pepfar. Merci à maman Semde du projet Reve. Merci aux patrons qui nous forment. Merci aux ONG qui viennent souvent chez nous pour savoir comment on va, aux tanties et tontons qui nous rendent visite. Je vous remercie et que beaucoup de jeunes acceptent d’apprendre grâce à ça. Que beaucoup aient notre chance. Que Dieu vous bénisse », a-t-elle conclu.

Les bénéficiaires de la zone d’Abidjan heureux d’obtenir leur certificat de formation (DR)

     Le projet Reve contribue à soutenir les enfants et adolescents vulnérables en les maintenant dans le système formel d’éducation ou, en les accompagnant pour une éducation non formelle alternative. Un accord de collaboration a été signé entre la Chambre Nationale de Métiers de Côte d’Ivoire (Cnmci) et Save the Children en  Février 2016.  Les bénéficiaires du projet sont mis en apprentissage auprès des maîtres artisans dans les zones de Agboville, Tiassalé, Adzopé, Akoupé, Abengourou, Bongouanou, Bouaké, Yamoussoukro, Abobo, Koumassi, Treichville, Port-Bouet et Marcory. Le Pepfar à travers l’Usaid finance à hauteur  de plus de 25 milliards de F. CFA la mise en œuvre du projet.  Il s’étend du 1er mars 2015 au 29 Février 2020. 

Nesmon De Laure

Lemediacitoyen.com

Lire aussi:
Engagement des jeunes, le modèle "youth institution for education'', bilan à mi-parcours

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*