Le féminicide en Côte d’Ivoire : un phénomène alarmant

Féminicides en Côte d'Ivoire
Il est nécessaire de déconstruire les violences faites aux femmes et aux filles
Féminicides en Côte d’Ivoire. Le 8 septembre 2025, Grâce Tra Lou, une étudiante infirmière de 37 ans, a été tuée par son compagnon à Port-Bouët, une commune d’Abidjan, sous les yeux de leurs deux enfants. Ce meurtre s’ajoute aux nombreuses victimes de féminicide en Côte d’Ivoire, malgré les efforts du Ministère de la Femme, la Famille et des Enfants et les voix féministes sur le terrain.
Le féminicide commis sur Grâce Tra Lou, l’étudiante infirmière a choqué l’opinion. Dans un communiqué, les féministes ivoiriennes crient leur ras-le-bol. « La Coalition des organisations et militantes féministes de Côte d’Ivoire exprime sa douleur et son indignation face au récent féminicide qui a endeuillé notre pays. Tra Lou Grâce, étudiante de l’INFAS, a été tuée sous les coups de son conjoint, victime de la violence machiste et de la misogynie qui gangrènent notre société. À ce drame s’est ajoutée une vague de discours haineux et sexistes, visant particulièrement les étudiantes de l’INFAS et du CAFOP. Nous, la Comfeministes, rappelons que les femmes ne sont pas la propriété de leurs conjoints ni de quiconque. Elles sont des êtres humains à part entière, dotées de droits et de libertés fondamentales. »  Cette prise de position dénonce la banalisation du crime.
En effet, le féminicide est un crime défini comme un meurtre intentionnel avec une motivation liée au genre, causé par une haine ou discrimination envers les femmes. Ce phénomène est alimenté par des stéréotypes de genre, des rapports de pouvoir inégalitaires et des normes sociales patriarcales.
Des causes profondes 
Les facteurs culturels, traditionnels et religieux, tels que les croyances sur l’autorité masculine, contribuent à ce phénomène. Les facteurs économiques, qui augmentent la vulnérabilité des femmes, et les facteurs politiques, tels que la sous-représentation des femmes au pouvoir, jouent également un rôle important.
   Des chiffres alarmants
   Selon un rapport de l’ONG Citoyennes pour la Promotion et Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM), 416 femmes ont été tuées par leur conjoint ou partenaire intime au cours des deux dernières années à Abidjan. Ces meurtres correspondent à la définition de l’OMS de « féminicide intime », un meurtre sexiste qui survient dans l’intimité d’une relation de couple.
 Le féminicide prive les femmes de leur droit à la vie, à la dignité et à la sécurité, et viole les principes fondamentaux des droits humains. Il affecte également la santé physique, mentale et émotionnelle des survivantes, des témoins et des proches des victimes.
      Aussi, pour y mettre fin , des mesures urgentes doivent être prises,  telles que la mise en œuvre effective de la Loi No 2021-894 du 21 décembre 2021 sur les violences domestiques. Les organisations féministes, comme Opinion éclairée, Stop au Chat noir et la Ligue ivoirienne des droits de la femme, doivent poursuivre leurs plaidoyers auprès des instances étatiques pour déconstruire les stéréotypes patriarcaux et renforcer le leadership et la participation des femmes à la vie politique.
        Il est également essentiel de lutter contre le phénomène de règlement amiable dans les cas de violences faites aux femmes et aux filles, et de réprimer pénalement les actes de féminicide. Le renforcement des services de soutien et de prise en charge des survivantes est également crucial pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles. 
             Axelle BOMO
             Lemediacitoyen.com
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