Yopougon : les gagnants et les perdants des préparatifs du 7 août (Reportage)

Yopougon
Yopougon dans ses nouveaux vêtements pour la fête nationale (LMC)

 Yopougon, la plus grande commune de la capitale ivoirienne abrite l’édition 2026 de l’anniversaire de l’indépendance. Un choix des autorités ivoiriennes qui conduit à des travaux de renovation. Avec des fortunes diverses.

À quelques jours du défilé du 7 août, la gare de lavage et les commerces alentour vivent au rythme des travaux de voirie. Derrière la fierté d’accueillir les festivités de l’indépendance, deux réalités s’affrontent : celle des gagnants, rassurés par des routes refaites, et celle des perdants, chassés de leurs emplacements sans certitude de retour.

Yopougon
Yopougon en plein menage pendant le passage de notre équipe de reportage le samedi 25 Juillet 2026 (LMC)

Sur le bitume encore frais, chauffeurs et usagers racontent des semaines difficiles. « Avant, on ne mettait pas longtemps pour rejoindre un point B. Maintenant, on met le double », confie un usager contraint de se regrouper à quatre pour partager des VTC plus chers. Cissé Namizata, usagère quotidienne, se souvient d’attentes d’une heure à la gare et de retards répétés au travail. « C’était vraiment difficile pour nous », résume-t-elle, tout en reconnaissant une amélioration récente.

Du côté des commerçantes informelles installées près des chantiers, l’inquiétude domine. Affoué, qui tient un petit commerce non loin de l’école de sa fille, attend depuis deux jours l’arrivée des engins de démolition. « Je n’ai pas d’autre solution », lâche-t-elle, résignée à rentrer chez elle sans savoir si elle pourra revenir. Même sentiment chez Edwige, priée de « dégager » en attendant l’aménagement de la voie, sans garantie de retrouver sa place.

À l’inverse, les commerçants formels dressent un bilan plus nuancé. Kouakou, magasinier, reconnaît avoir perdu des clients pendant les travaux, mais salue des rues assainies et plus fréquentées.

Timité, chauffeur syndicaliste, va plus loin : après une rencontre avec le maire, il assure que la fermeture ne durera que deux jours avant le défilé. « Nous sommes fiers de ce que l’indépendance a apporté à Yopougon », affirme-t-il.

Interrogés sur un retour de la fête les prochaines années, la majorité des riverains se dit favorable, y compris parmi les plus affectés. Mamadou espère que la mairie autorisera les déguerpis à revenir après le 7 août, tandis qu’Affoué et Edwige, elles, affirment n’avoir d’autre choix que d’attendre.

Entre fierté civique et incertitude économique, Yopougon prépare ses habits de fête sans que tous ses habitants sachent encore s’ils y trouveront leur place.

Marie-Carmela Koffi

Lemediacitoyen.com

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