Guérison post-conflit, les mécanismes de renforcement de la cohéson entre communautés. La thématique était au centre de la deuxième édition des tables-rondes Graines de Paix 2026 à Nahio, centre-ouest ivoirien. Une initiative cathartique mise en oeuvre par l’Ong Opinion Eclairée et initiée par la Fondation Rosa Luxemburg.
La reconnaissance des torts. Des excuses. Une réparation ainsi que des funérailles dignes pour les défunts. Mais aussi des campagnes régulières de sensibilisation de la jeunesse contre le fléau de la drogue. Ce sont les maitres mots ressortis des prises de parole des participantes et participants de la table ronde Graines de Paix à Nahio, Saioua, dans le centre-ouest ivoirien.

Pour l’occasion, De Laure Nesmon PIE, la présidente de l’Ong Opinion Eclairée a planté le décor. « Nous ne sommes pas le tribunal. L’Ong n’est pas venue dire qui a raison ou qui a tort. La démarche de la société civile s’inscrit dans une logique de participation citoyenne. L’objectif de cette table-ronde est de créer un cadre d’échange autour de la cohésion sociale. Nous sommes venues dire yako et pardon après la crise meurtrière survenue dans l’ambiance de la présidentielle d’octobre 2025 . Nous sommes venues encourager les leaders communautaires dans leur élan pour la réconciliation entre communautés ».
Jean-Jacques Tonessia, sous-prefet de Nahio a salué l’intiative. Il a rappelé les actions du gouvernement ivoirien en faveur de la cohésion dans sa localité. Le commandant a surtout encouragé ses administrés à suivre le panel.
Des mots d’apaisement
» Nous avons tous intérêt à cultiver la paix si nous voulons voir Nahio devenir un grand pôle d’attraction. Aujourd’hui, beaucoup de fonctionnaires et agents de l’Etat ont acheté des lots, ont même construit des logements. Soyons tous des vecteurs de paix pour le rayonnement de notre belle sous-préfecture ». Telle est l’invitation qu’a adressé , M. Kouassi, directeur d’école et panéliste.
Pour sa part, Delorès PIE, alumni de la coalition internationale des sites de conscience du Global Initiative for Justice, Truth and Reconciliation a abondé dans le même sens. Elle a partagé quelques recommandations en lien avec la justice transitionnelle. Elle est également revenue sur « la necessité de prendre en compte les traumatismes psychologiques, les divisions sociales, et la stigmatisation des victimes pour arriver à une guérison. Sans guérison, la paix est fragile ».

Cette rencontre était modérée par Djangoné Marie-Vianney Tra, juriste. Et ce fut une plateforme d’échanges riches et variés, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontées les communautés après les violences qui ont secoué la localité. Des messages spécifiques ont été adressés aux femmes et aux filles touchées par les tragédies des affrontements inter-communautaires survenus lors des élections présidentielles. Beaucoup se retrouvent veuves, orphelines ou endeuillées par la perte d’un enfant, et la nécessité d’un soutien moral et psychologique a été soulignée.
Pour rappel, Nahio a été l’une des localités les plus touchées par les violences électorales d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, avec des pertes humaines tragiques qui ont marqué les esprits et les cœurs. Ce contexte souligne l’importance des initiatives de réconciliation et de guérison, permettant aux communautés de se reconstruire et de regarder vers l’avenir.
L’événement a également été l’occasion de remercier la Fondation Rosa Luxemburg pour son partenariat essentiel dans l’organisation des table-rondes “Graines de Paix” en Côte d’Ivoire. La première édition de 2026 était en lien avec la résilience démocratique.
ND
Lemediacitoyen.com

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