Élections 2020, la mise FPI, gagné-gagné, perdu-perdu

     Élections 2020, la mise FPI portera ou pas des fruits ? Une petite réflexion sur le Front populaire ivoirien (FPI).

       Comme nous le disions dans notre précédente réflexion, quel FPI à 4 mois de l’élection présidentielle ?Il faut le rappeler, après la perte du pouvoir en 2010, le FPI est miné par une interminable guerre de division.

      Nous avons un FPI dirigé par l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, et l’autre branche avec pour président Laurent Gbagbo. La dernière citée a pour secrétaire général, Assoa Adou. Après plus de 10 ans le FPI, parti incarnant la gauche peine à refaire son unité. Chacun traitant l’autre de dissident.

Élections 2020

      L’opinion nationale et internationale n’a cessé d’assister à des insultes et attaques entre enfants frontistes durant plusieurs années. Le dicton « Asseyons et discutons » prôné par Laurent Gbagbo, loin de ses camarades de lutte, n’a pas prévalu chez nos amis de la gauche.

       Alors, le père leur a-t-il suffisamment inculqué cette vertu ou cette attitude politique ? Le père n’a-t-il pas sa part de responsabilité dans cette division entre frères ? Mais, la rencontre à Bruxelles le 4 janvier 2020, entre l’ex-président Laurent Gbagbo et son Premier ministre Affi N’Guessan a semé une lueur d’espoir. On espérait mieux dans le processus de réconciliation dans la maison de la rose.

     « A travers cette rencontre, je peux vous dire que Dieu et Gbagbo m’ont mis en mission. Gbabgo m’a mis en mission de réconcilier son peuple et je ne faillirai pas à cette mission », avait déclaré Pascal Affi N’Guessan après sa rencontre avec Laurent Gbagbo.

     A la suite de cette rencontre de décrispation, Laurent Gbagbo a instruit Assoa Adou et Affi N’Guessan afin de travailler à la réunification du parti. Chemin faisant, la machine de réunification s’est grippée. La tendance FPI dirigée par Affi N’Guessan a décidé de se retirer de la table de négociation en vue de la réunification du parti.

      Et pour cause la signature d’un accord par la branche Assoa Adou avec le PDCI. « La délégation conduite par le président du FPI a pris acte de cette position et décidé de suspendre sa participation aux négociations en attendant d’être instruite sur les motivations qui ont justifiées la signature, par le  groupe représenté par le camarade Assoa Adou, d’un  accord avec le PDCI et leurs conséquences pour le FPI en cours d’unification », est mentionné dans le communiqué du FPI version Affi N’Guessan du 8 juin 2020.

      Pour les autres camarades de l’autre branche, la signature d’un accord avec un parti n’empêche pas les discussions sur la réunification du parti. Bref, le FPI va-t-il continuer de se donner en spectacle ? Une présidentielle ne se prépare pas dans la division mais dans l’unité. A l’analyse de tous ces faits, nous pourrions nous demander si le FPI voudrait réellement revenir au pouvoir ? Que de temps perdus et le temps qui continue à s’écouler avant une réconciliation entre camarades. Ce retrait du FPI branche Affi N’Guessan n’est-il pas une parodie ?

       Car,  lors d’une rencontre avec le président du PDCI, Henri Konan Bédié, le 10 août 2018, Affi N’Guessan affirmait ceci : « Il était important que nous venions rencontrer l’ancien chef de l’Etat, celui qui a été toujours au service de la cause nationale, pour échanger avec lui sur ce nouveau contexte, et réaffirmer notre disponibilité à prendre toute notre part dans la constitution de cette nouvelle plateforme, à envisager, dans le cas des élections locales, toutes les possibilités d’alliance afin que ces acteurs de la paix se retrouvent ensemble pour fonder ce nouvel avenir ».

     Ne décrie-t-il pas ce qu’il a fait hier et dont ses amis de l’autre camp sont en train de suivre ses traces aujourd’hui ?

     « Le jeudi 23 mai 2019, de 11h à 14h, une délégation du Front populaire ivoirien (FPI) mandatée par son excellence Laurent Gbagbo, président du FPI, et conduit par M. Assoa Adou, secrétaire général du FPI a été reçue à Daoukro par son excellence Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA. Les deux parties ont convenu d’une collaboration dans le cadre de la réconciliation nationale et se sont engagées à lancer un appel à la réconciliation aux partis politiques et à toutes les forces vives de la Nation. » Tel est l’extrait du communiqué produit à la suite d’une visite de la délégation d’Assoa Adou à Daoukro.

     Il faut reconnaitre que chaque camp a tout simplement besoin du PDCI en termes de stratégie pour la reconquête du pouvoir.  

         Les partisans d’Affi N’Guessan et ceux d’Assoa Adou sont-ils réellement résolus à se réconcilier ? Les deux camps ne sont-ils pas allés chasser sur les terres du PDCI ? Un parti à deux têtes, sans unité peut-il prétendre gagner la présidentielle ?            Et nous nous attendions à des points d’achoppement au niveau de la recomposition du bureau du parti ou tout autre sujet de parti mais que non, la pompe de discorde est en dehors de la maison commune. Cela ne découle-t-il pas d’une stratégie de positionnement entre cadres du parti ?

Élections 2020

       De telles attitudes d’un parti qui vante les idéaux du socialisme, ne donnent pas une bonne image. Selon moi, un parti se doit d’éduquer, de former ses militants à tous les niveaux, de travailler à avoir des textes forts, des organes forts, qui ne souffrent d’aucune d’ambiguïté et non des hommes forts. Nous nous rendons compte que

le slogan « Asseyons-nous et discutons » n’est pas suffisamment intégré dans l’ADN des frontistes.

         Au-delà des ambitions politiques des uns et des autres, le dialogue doit prévaloir dans une formation politique. Pour la bonne santé de notre démocratie, notre pays a besoin d’un parti de gauche unifié avec lui-même et qui joue pleinement son rôle de contre-pouvoir et pourquoi ne pas accéder à nouveau au pouvoir.

       Chers frontistes, retenez cette définition du socialisme : « Doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, au moyen d’une organisation concertée », in fine c’est la Côte d’Ivoire qui gagne.

N’Dri Koffi  

Lemediacitoyen.com 

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