Interview/ Abou Kam, blogueur TIC : « le paiement de  la publicité en ligne est un frein pour les startups…il faut s’adapter »

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Interview/ Abou Kam, blogueur TIC : « le paiement de  la publicité en ligne est un frein pour les startups...il faut s'adapter »
Abou Kam est blogueur, promoteur d’une plateforme 100% digitale
Abou Kam, blogueur TIC est un lauréat d’African Talent Awards 2018, dans la catégorie meilleur blogueur. Il partage sa passion pour les TIC et annonce ses perspectives pour 2019.
Vous venez d’être désigné meilleur blogueur. Que représente ce sacre pour vous?

Cela est une reconnaissance des petites actions que je pose chaque jour en tant que passionné du numérique qui partage sa passion  en ligne avec les autres sans forcément rien attendre en retour.  Des actions, qui, en réalité,  impactent la vie des gens ou des usagers du web qui se retrouvent bien dans les contenus que je partage en ligne chaque jour sur mes différentes plateformes web.   C’est à la fois une source de satisfaction et d’encouragement pour les 5 ans de blogging sur la plateforme web www.aboukam.net.

Quelle est votre histoire avec les TIC?

 Après mon bac scientifique en 2007, je voulais m’inscrire à l’Université pour  faire des études en Géophysique, mais après avoir pris le temps de m’informer sur l’avenir des secteurs porteurs, je me suis  inscrit dans une grande école  pour faire des études en informatique.  Après deux ans d’étude, j’ai obtenu un stage en entreprise avant même la proclamation des résultats du BTS pour proposer des solutions de nouvelle technologie de l’internet.

C’était au moment où les usages des TIC faisaient leurs  grands débuts dans nos pays en Afrique.  C’est comme ça je rentre de plain-pied dans le secteur des TIC en proposant des solutions aux entreprises qui voulaient bénéficier des avantages du numérique.

Comme j’aime le dire, le numérique c’est un nouveau monde donc j’ai pris le temps d’apprendre  sur le tas, les différents langages de programmation web, d’administration web, la production de contenu et le marketing digital avec des certifications en ligne comme le certificat de Google.  C’est un secteur qui évolue donc on apprend chaque jour en marchant c’est ce qui me passionne le plus. 

Quel est votre parcours académique?

J’ai fait un bac +2 en informatique et technologie de l’internet  à Abidjan de  2007 à 2008. Ensuite comme je savais ce que je voulais alors j’ai fait des spécialisations dans les métiers du web à travers des formations par compétence. Car dans ce domaine la compétence prime plus que des diplômes.  Avec bien sûr de  cours en ligne notamment  sur les métiers de Développement de site et l’administration web avec les CMS Drupal, Joomla et WordPress, l’Administration de serveur d’hébergement web. Puis en 2014 une formation  pratique sur les techniques  de traitement d’information en ligne à travers les outils web2.0 (formation Atelier des médias RFI).  En 2015 , j’ai suivi une formation en ligne sur les techniques de rédaction et optimisation de contenu web. Et en fin 2016 j’ai pu faire deux  certifications marketing digitales à partir de  cours numériques  proposée par Google.

Quel regard jetez-vous sur le monde des TIC en Côte d’Ivoire et en Afrique aujourd’hui?

Quand on parle des TIC de façon générale,  on dit que l’Afrique est un continent d’avenir.  C’est justement parce que l’utilisation des TIC dans tous les secteurs d’activités où l’innovation est encore possible représente un gisement d’opportunité pour le continent en termes de création d’emplois et d’entrepreneuriat.  Cela se remarque à travers la solution mobile money qui catalyse l’inclusion financière dans une Afrique où le taux de bancarisation est très faible. Et cela sera encore plus vrai  avec l’interopérabilité des services de mobile money et autre service financier  sur le continent. Imaginer une monnaie unique pour toute l’Afrique.  En termes de chiffre il y a plus de 338 millions de clients mobiles money sur 690 millions dans le monde.  De plus en plus on parle de ce fameux projet SmartAfrica de l’Union Africaine pour un marché commun du numérique pour l’Afrique par l’Afrique.

Concernant la Côte d’Ivoire selon les chiffres, le pays est l’un des plus dynamiques  en matière de développement du secteur de l’économie numérique  avec un taux de pénétration du mobile qui dépassé les 135% et plus de 17  millions de transactions effectués par jour,  ce qui est très énorme. Seulement en quelques années l’économie numérique se positionne à la 2e place après l’agriculture. Donc les opportunités sont énormes dans les secteurs du télécom et les services numérique du e-agriculture, du e-santé, e-education, e-commerce, e-banking et de la fintech en général. 

 Les TIC sont présentés comme des outils de lutte contre le chômage des jeunes. Au vu de votre expérience personnelle, le paiement des publicités en ligne chez Facebook et autre géant du net  n’est-il pas un frein pour les Startuper?

Il faut savoir qu’en réalité les TIC sont à la fois une menace et une opportunité pour nos métiers et nos secteurs d’activités en termes de compétitivité.  Et pour rester compétitif, il faut savoir s’adapter, se réinventer, il faut innover, il faut repenser le modelé économique et managérial de son business.

Oui le paiement de  la publicité en ligne est un frein pour les startups qui ont de plus en plus besoin de visibilité pour exister dans un premier temps et en suite pouvoir accéder aux opportunités à travers le monde. Cela est encore plus vrai pour les startups qui exercent dans le secteur des médias digitaux et qui doivent monétiser leur trafic ou audience. Le problème c’est que nous sommes dans un monde qui évolue très vite où  il faut s’adapter.

 Quelles sont les perspectives de votre blog pour 2019?

Comme perspective nous allons continuer toujours à satisfaire nos  lecteurs  qui sont de plus en plus nombreux  en Côte d’Ivoire,  en Afrique et à travers le monde. Pourquoi pas une application mobile nous nos lecteurs qui sont très souvent en mobilité.

Nous allons continuer  en travaillant dur pour diversifier notre contenu vers la vidéo tout en mettant l’accent sur la qualité, l’originalité et la régularité qui sont une des clés pour rester compétitif dans ce secteur. Notre objectif pour 2019 en termes de chiffre c’est de dépasser la barre de 200 mille pages vues le mois. Et enfin nous restons ouverts pour les annonceurs qui recherchent de la visibilité sur un média 100% digitale en Afrique.

Que conseillez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans le domaine?

Pour ceux qui veulent se lancer dans ce secteur, nous pouvons leur dire qu’il y a encore beaucoup de place à prendre en termes de création d’emplois et d’entrepreneuriat. Mais il faut savoir qui vous êtes, ce que vous voilez concrètement ensuite choisir une niche ou un sous-secteur qui vous passionne,  identifier un problème ou un besoin à satisfaire et trouver une solution à proposer avant de se lancer.

Laissez-moi vous dire que le secteur du numérique comme d’autres secteurs d’activité il faut être d’abord passionné de ce qu’on veut faire si non le chemin sera tortueuse.

C’est déjà très bien de les avoir, mais ici on n’a pas forcément besoin des gros diplômes des grandes universités ou les grandes écoles de commerce. C’est plus la compétence, le savoir-faire qui prime sans oublier le fait d’accepter d’apprendre toujours. C’est le seul domaine ou n’importe qui peut réussir, mais pas en faisant comme n’importe qui.

Interview réalisée par Justice Vero

Lemediacitoyen.com

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