Démocratie électorale, Blaise Compaoré, Abdoulaye Wade, Yaya Jammeh et les mouvements populaires

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La démocratie électorale à l'épreuve
Blaise Compaoré, Abdoulaye Wade, Yaya Jammeh ont quitté le pouvoir sous la contrainte d'une mobilisation non-violente

     Qui remarque ce vent d’Afrique de l’Ouest ?La démocratie électorale se retrouve dans la rue.  Des mouvements populaires évincent des pouvoirs qui tentent de se maintenir  par le tripatouillage de textes ou par  autre moyen. Est-ce le visage d’une prise de conscience citoyenne accrue ? Par ailleurs, à partir de quel nombre de manifestants la rue devient-elle légitime ? Ces événements si contemporains méritent une attention particulière.

   

      Alpha Condé cèdera, cédera pas ? La situation en Guinée qui voit la rue se déferler, rappelle d’autres événements en Afrique de l’Ouest. De Y’en a marre au balai citoyen, la rue est en ébullition.  Elle met fin à 27 ans de règne de Blaise Compaoré au Burkina Faso. C’est encore la rue qui conteste l’idée de troisième mandat d’Abdoulaye Wade au Sénégal, avant de faire bloc contre lui dans l’urne. Elle contribue à l’échec au refus de Yaya Jammeh de passer le pouvoir en Gambie.

       La démocratie électorale quitte les urnes et se retrouve tout d’un coup dans la rue. Cette réalité devrait interpeller l’opinion ouest-africaine, la classe dirigeante surtout. Il est l’heure pour les dirigeants de faire en sorte que la rue ne sorte pas. Non en la mâtant, ni en emprisonnant les citoyens aux voix discordantes  à tour de bras. Non. Ce qu’il est normal de faire est de déconcentrer les pouvoirs trop concentrés dans les mains de président. Ce qui est normal est surtout de respecter la limite des mandats présidentiels.

      Les exemples ne manquent pas. Des pouvoirs ont perdu face à l’opposition dans les urnes et sont partis sans recourir à la violence. (Nigéria 2015 ; Ghana et Bénin en 2016, Libéria 2017) . D’ailleurs le Bénin vient de matérialiser dans ses textes la limitation des mandats présidentiels à deux sans possibilité de revenir.

      Limiter les mandats à deux répond à une dynamique locale dans la sous-région. Cela épouse l’amendement proposé au protocole additionnel  de la CEDEAO de 2001 sur la démocratie et la gouvernance.  C’est sur cette voie que devraient s’inscrire les Etats membres pour éviter la honte de trop, plus d’un demi-siècle après les indépendances.

      Une offensive diplomatique d’anciens chefs d’Etat africains est même en œuvre pour privilégier l’alternance démocratique car nul n’est providentiel. En plus le renouvellement de la classe dirigeante répond à une justice sociale car le pouvoir ne devrait pas être concentré au sein d’un clan perpétuellement.  Au Niger, Mahamadou Issouffou a déjà fait sa profession de foi dans ce sens.

    

      Cependant, les révisions /réformes constitutionnelles controversées au Togo en 2002 et en Côte d’Ivoire en 2016 donnent plus de pouvoir aux présidents en exercice et attisent les craintes. Ce qui a fait écrire au juriste politiste ivoirien, Geoffroy-Julien Kouao, son Essai intitulé « Côte d’Ivoire : la troisième République est mal partie ». Il avertit ainsi l’opinion sur le trop plein de pouvoir accordé au Président  par la nouvelle Constitution. C’est ce plein pouvoir qui fait craindre à certains la possibilité d’un troisième mandat. Pour l’heure Alassane Ouattara lui-même n’a rien dit de clair sur le sujet. Par contre, dans les cafés, la question brûle les lèvres. Et les positions pour ou contre vont bon train.

Nesmon De Laure

Lemediacitoyen.com

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