Interview/ECOSOCC-UA, Julie Koné, présidente du groupe sectoriel Femmes et genre : «  Les priorités de mon mandat  »

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Julie Koné désormais présidente du du groupe sectoriel Femmes et genre du Conseil Economique, Social et Culturel (ECOSOCC) de l'Union Africaine. (DR)

L’ivoirienne Julie M. KONE, experte en genre est la présidente du Centre Féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d’Ivoire – CEFCI.  Elle a été élue présidente du groupe sectoriel Femmes et genre du Conseil Economique, Social et Culturel (ECOSOCC) de l’Union Africaine. Dans cette interview, elle explique les enjeux de son élection de la mi-juin 2019 et les priorités de son mandat.

                                                                       

Lors de l’Assemblée Générale du Conseil Economique, Social et Culturel (ECOSOCC) de l’UA, vous  avez été élue présidente du groupe sectoriel Femmes et genre de l’ECOSOCC.  Quel est le sens de cette élection?

Cette élection, on pourrait le dire, est le signe de la reconnaissance du travail fait à l’endroit des populations ivoirienne. C’est aussi le signe que malgré les efforts consentis, beaucoup reste à faire. Nous devons sortir de notre environnement immédiat et impacter l’Afrique de l’Ouest et voire toute l’Afrique. En somme, cette élection montre la confiance des autres pays en la Côte d’Ivoire en matière de genre et égalité des chances.

Qu’est ce qui a fait la différence pour obtenir votre sacre? 

 Le CEFCI membre de l’ECOSOCC UA depuis décembre 2014. Depuis cette date, j’ai été membre pendant les deux premières années du Groupe sectoriel Affaires politiques et les deux autres années du Groupe sectoriel femme et genre. Toutes ces expériences m’ont permis de capitaliser mes acquis et de comprendre mieux cette institution afin d’apporter ma pierre à l’édifice. Durant ces années, j’ai aussi eu l’occasion de me faire connaître aussi bien par mes interventions lors des sessions que par les échanges informels. Je n’oublierai pas le soutien de ma région, l’Afrique de l’Ouest, qui ne m’a pas fait défaut.

 Le mandat dure combien de temps et quelles sont vos priorités ?

 Le mandat dure deux années, renouvelable une fois. Mes priorités seront: l’éducation de la fille et son maintien à l’école, l’autonomisation de la femme, l’égalité des chances et une meilleure représentativité des femmes africaines dans les instances de décision.

 

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Les femmes sont  souvent inaudibles devant les questions de gouvernance sur le continent, pourtant actives sur le plan économique, social et culturel. Comment changer positivement la donne?

Dans un premier temps, le plaidoyer: nous ne devons pas nous lasser de réclamer une implication plus accrue des femmes dans les instances de prise de décisions. Secundo, il faudra renforcer les capacités des femmes; et les inciter à participer à la vie publique et politique.Tertio, il faut promouvoir l’émergence de jeunes leaders, par un accent sur la formation et l’éducation de la jeune fille; le maintien de cette jeune fille dans le cursus scolaire. Il n’y a pas de génération spontanée. Si nous voulons dans 20 ans avoir plus de femmes qui font entendre leur voix, il faut commencer maintenant. Demain se prépare aujourd’hui.

 

ECOSOCC ne semble pas connu du grand public  contrairement à l’Union africaine elle-même. Qu’est ce qui explique selon vous cet état des faits? 

L’ECOSOCC est un organe de l’Union Africaine; il faut aussi noter que l’Union Africaine  il a été créé en juillet 2004, tandis que l’Union Africaine est née en Mai 1936, soit 41 ans plus tôt. Il va de soit que le plus jeune soit moins connu. Mais nous devons noter que l’objectif de l’ECOSOCC est de donner aux organisations de la société civile (OSC) africaine l’occasion de jouer un rôle actif dans l’élaboration et la mise en œuvre des principes, politiques et programmes de l’Union. Les fonctions de l’ECOSOCC consistent notamment à contribuer, à titre consultatif, à traduire effectivement en programmes concrets les objectifs, principes et politiques de l’Union et à les évaluer, à entreprendre des études et formuler des recommandations et à contribuer à la promotion et à la réalisation de la vision et des objectifs de l’Union.

Le rôle est également de contribuer, entre autres, à la promotion des droits de l’homme, de l’état de droit, de la bonne gouvernance, des principes démocratiques, de l’égalité entre hommes et femmes, et des droits de l’enfant, d’encourager et de soutenir les efforts des institutions engagées dans la réflexion sur l’avenir de l’Afrique et de  forger des valeurs panafricaines pour la promotion d’un modèle social et d’un mode de vie authentiquement africains.

Quel message adressez-vous aux  africaines en général et aux ivoiriennes en particulier?

L’Afrique doit se réveiller et sortir du sous-développement. Ce réveil ne peut se faire sans les femmes. Il nous appartient en tant que femme de porter notre voix le plus loin possible afin que se taisent les armes et que le travail prime. Nous avons tellement de chantiers: l’électricité, l’accès à l’eau potable, la paix et la sécurité, l’éducation, la santé… la liste est bien longue.

Il nous revient, femmes d’aujourd’hui et de demain de jouer notre partition. L’Agenda 2063 de l’Union Africaine, nous devons nous l’approprier et le vulgariser: c’est l’Afrique dont nous rêvons, c’est l’Afrique que nous voulons. J’aurai le temps, à d’autres occasions de développer l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Pour l’heure, je voudrais reprendre cette citation de ce célèbre écrivain ivoirien qui nous a quitté il y a peu.  » Le travail, et après le travail, l’indépendance mon enfant, n’être à la charge de personne, telle doit être la devise de votre génération et il te faut toujours fuir l’homme qui n’aime pas le travail » Bernard B. DADIE. Les femmes Africaines et Ivoiriennes doivent se mettre au travail.

Interview réalisée par Nesmon De Laure

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