L’OIDH identifie 332 cas de violences en ligne à l’égard de 17 femmes engagées en politique  

 

    L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH) a identifié 332 cas de violences en ligne issues de 21 plates-formes Facebook (5 profils, 2 groupes, et 14 pages). Elles visent particulièrement 17 femmes engagées en politique, en Côte d’Ivoire.

    Ces résultats d’observations allant sur la période du 1er août 2021, au 28 février 2022 ont été révélés ce jeudi 7 avril 2022, au cours d’une conférence de presse tenue au siège de l’organisation à Abidjan-Cocody. Il s’agit en fait de la seconde phase du projet de monitoring de la désinformation en ligne en Côte d’Ivoire mis en œuvre par l’OIDH depuis 2020.

L’objectif est d’atténuer l’impact des fausses informations sur les processus politiques et attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur les violences en ligne obstruant l’engagement politique des femmes.

    « Le monitoring des violences en ligne entrepris par l’OIDH a révélé que dix-sept (17) femmes engagées en politique ont été les cibles principales des violences répertoriées au cours de cette période d’observation. Issues de toutes les sensibilités politiques, ces femmes ont pour la plupart occupé soit des postes nominatifs (58,82%) soit des postes électifs (70,58%) ou cumulés les deux (41,17%). Sept (7) d’entre elles ont subi à elles seules 82,2% des attaques » , a révélé Sely Kadja Dacouri, Agent de monitoring dudit projet.

    Selon elle, les données recueillies ont mis en évidence trois principales formes de violence. Les violences psychologiques, sexuelles et sémiotiques. « Avec 94% des cas répertoriés, les violences psychologiques se sont caractérisées par une diversité d’attaques dont les plus récurrentes ont été celles visant les facultés intellectuelles, mentales et le physique ainsi que les injures sexistes et les diabolisations » a-t-elle expliqué.

    Réalisée sur la base d’un échantillon de 148 groupes (publics ou privés), pages et profils Facebook, l’ étude a également permis de déceler douze cas de désinformation liés au processus politique provenant de 87 plateformes de discussions.

    Pour faire bouger les choses, l’OIDH a formulé quelques recommandations au gouvernement ivoirien, aux acteurs politiques, aux administrateurs des plateformes de discussion à caractères politique et des pages de proximité, aux acteurs des médias et à la société civile.

    Ainsi, le gouvernement ivoirien est invité à sensibiliser sur les méfaits de la violence à l’égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l’Homme et l’égalité des sexes. Former les acteurs étatiques et le grand public aux problèmes des violences contre les femmes en politique. Mettre en place des mécanismes pour recueillir des témoignages sur les violences faites à l’égard des femmes en vue de libéraliser la parole.  Et veiller à l’application effective de la loi sur la représentativité des femmes dans les assemblées élues et assortir cette loi de mesures de coercition.

    Les acteurs politiques devront sensibiliser et former leurs militants et abonnés (followers) sur les bonnes pratiques démocratiques. Sensibiliser les militants et partisans sur les méfaits des violences en ligne faites à l’égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l’homme et l’égalité des sexes. Et Offrir une formation aux militants sur la sensibilité au genre et le harcèlement sexuel en ligne ».

    Les administrateurs des plateformes de discussion à caractères politique et des pages de proximité doivent élaborer une Charte commune incluant des sanctions contre les membres de leur fora qui publient des discours haineux, xénophobes, sexistes ou les fausses informations de nature à troubler l’ordre public. Mais aussi, veiller scrupuleusement à une modération rigoureuse des contenus publiés sur les forums de discussion à l’effet d’identifier et de censurer les publications incitant à la violence, à la haine, à la xénophobie ou de nature à troubler l’ordre public.

    La société civile quant à elle, doit promouvoir l’éducation aux médias, sensibiliser et former les populations sur les violences en ligne contre les femmes engagées en politique.

 

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Marina Kouakou

 

Lemediacitoyen.com

 

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