Tuberculose en Afrique, près de la moitié des patients sans traitements

     Tuberculose. Ce 24 mars est la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2021. A cette occasion,  Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique mobilise l’opinion autour de la maladie. Extrait de son message. 

« .    Les difficultés en matière de lutte contre la tuberculose sont importantes à travers la Région. Seulement 56 % des personnes atteintes de tuberculose sont sous traitement et les budgets affectés à la lutte antituberculeuse restent très largement sous-financés.

     Les gouvernements de la Région africaine financent en moyenne 24 % de ces budgets, contre un apport de 34 % pour les organisations internationales comme le Fonds mondial, ce qui laisse un déficit de financement de 42 %. L’Afrique du Sud affiche le financement national le plus élevé de la lutte contre la tuberculose dans la Région, avec 77 % du budget alloué à cette lutte.

      La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a accentué les difficultés d’accès aux services de lutte contre la tuberculose. Par exemple, en Afrique du Sud, le nombre de nouveaux cas de tuberculose notifiés chaque mois a diminué de plus de 50 % entre mars et juin 2020. Dans certains pays, le personnel recruté au titre de la lutte contre la tuberculose et le matériel de dépistage de cette maladie ont été réaffectés à la lutte contre la COVID-19.

        Parallèlement, certaines mesures d’atténuation ont été introduites, à l’exemple de la décision de limiter le nombre de visites des patients tuberculeux dans les établissements de santé en fournissant à ces patients l’équivalent d’un mois de médicaments antituberculeux et en utilisant des messages vidéo pour poursuivre le traitement sous observation directe.

        Il se pose également le problème croissant de la tuberculose pharmacorésistante qui, selon des estimations, touche 77 000 Africains chaque année. Seule une sur trois de ces personnes est diagnostiquée et près de 20 000 patients sont sous traitement.

tuberculose

  Une action collective intersectorielle s’avère primordiale pour relever les défis et accélérer les progrès vers l’éradication de la tuberculose à l’horizon 2030. Les déterminants de la santé tels que la pauvreté, la dénutrition, la pollution intérieure, le tabagisme, et les comorbidités comme le VIH restent les catalyseurs de l’épidémie de tuberculose dans la Région africaine. C’est pourquoi l’OMS a élaboré le cadre multisectoriel de responsabilisation et apporte son appui à tous les pays pour qu’ils puissent actualiser leurs politiques de lutte antituberculeuse et appliquer les lignes directrices de l’Organisation.

     Nous collaborons avec les pays aussi bien pour suivre les programmes en temps réel que pour mettre à nu les difficultés et formuler des recommandations sur les stratégies susceptibles de pallier ces difficultés.

       Aujourd’hui, j’exhorte les gouvernements et les partenaires à résorber le déficit financier qui entrave la riposte à la tuberculose en Afrique pour que la Région puisse atteindre les cibles des objectifs de développement durable liés à cette maladie, dans l’intérêt des populations africaines et des générations futures. « 

Extrait du message de la Directrice de l’OMS Afrique.

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