Accès à la terre des femmes, Gbely Séverin, activiste : « il faut une cohérence »

GBELY Séverin intervient sur les difficultés d’accès à la terre des femmes. Il est le président fondateur de la Synergie des Acteurs du foncier Rural Ivoirien (SAFRI). Et par ailleurs Point Focal de la Convergence Globale des luttes pour la terre, l’eau et les semences paysannes de Côte d’Ivoire.

 

    Quel commentaire faites-vous des difficultés d’accès à la terre pour des femmes dans le Cavally ?

La terre est synonyme de vie, d’espoir, un don de Dieu, une richesse inestimable. Elle doit en principe profiter à tous.

    De plus, la terre est donnée à l’enfant de sexe masculin selon des conditions coutumières précises. Quand il se marie cette terre devrait permettre d’assurer ses charges.

    Cela,  contrairement à l’enfant du sexe féminin qui ne reçoit rien. Le souci majeur du père de famille était de « bien marier » sa fille. De fait, la société n’offrait pas à la femme d’autre débouché que le mariage.

    Et la famille patrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de son père. Cela signifie que pour la transmission, par héritage, de la terre, ce sont les enfants de sexe masculin qui héritent.

Ce qui n’est pas conforme aux dispositions légales. La loi n° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural telle que modifiée par la loi n° 2004-412 du 14 août 2004.

Article 1 : Le Domaine Foncier Rural est constitué par l’ensemble des terres mises en valeur ou non et quelle que soit la nature de mise en valeur. Il constitue un patrimoine national auquel toute personne physique ou morale peut accéder.

    Toutefois, seuls l’État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes sont admis à en être propriétaires.

Peut-on considérer le non accès des femmes à la terre comme une violence basée sur le genre ?

    Oui. L’état des lieux montre que le système patrilinéaire  a produit des situations de discriminations à l’encontre de l’enfant du sexe féminin en matière d’appropriation des ressources foncières.

     C’est pourquoi nous disons qu’il faut l’équité dans l’accès foncier et aux ressources naturelles.

rechercher la cohérence entre les différents droits

Il est grand temps de rechercher la cohérence entre les différents droits. Cela, dans une perspective de  renforcement d’une gouvernance foncière promouvant le droit d’accès sécurisé au foncier de tous les groupes vulnérables. Il s’agit notamment des femmes et les jeunes.
Aussi, la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, organisée à Beijing en 1995, a marqué un tournant important dans le programme mondial pour l’égalité des sexes.

    Par ailleurs, précisons que la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, adoptés à l’unanimité par 189 pays, forment un programme pour l’autonomisation des femmes. Il est considéré comme le principal document de politique mondiale en matière d’égalité des sexes.

    Celui-ci fixe des objectifs et des actions stratégiques pour la promotion de la femme et la réalisation de l’égalité des sexes, dans 12 domaines de préoccupation.

Femmes et pauvreté
•    Éducation et formation des femmes
•    Femmes et santé
•    Violence à l’égard des femmes
•    Femmes et conflits armés
•    Femmes et économie
•    Femmes et prise de décisions
•    Mécanismes institutionnels œuvrant à la promotion de la femme
•    Droits fondamentaux de la femme
•    Femmes et médias
•    Femmes et environnement
•    Jeunes filles

  Que doit faire la Côte d’Ivoire sur la question de la femme et la terre pour être en conformité avec cet engagement international ?

  Notre pays est partie prenante de cette déclaration. Sur la question de la femme et la terre pour être en conformité avec cet engagement international, nous proposons un cadre d’échanges. C’est-à-dire, organiser un forum Ivoirien sur les rôles et responsabilités des femmes et des jeunes hommes dans la gouvernance foncière. Cela, selon les us et coutumes.

Entretien réalisé par

Nesmon De Laure

Lemediacitoyen.com

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