Journée de la fille, des femmes témoignent : “pas obligé de passer par un homme pour réussir”

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Les jeunes filles écoutant attentivement les conseils d'aînées (LMC)

    A l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille et sous l’impulsion de Unicef Côte d’Ivoire, quatre femmes livrent leur témoignage. Ce n’était pas gagné d’avance mais  elles ont fait preuve de résilience et sont aujourd’hui des modèles pour la jeune fille.

                       

  Le vendredi 11 octobre 2019, la journée mondiale de la jeune fille a été célébrée dans les locaux du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) de Côte d’Ivoire à la Riviera golf. Le thème retenu pour cette année: “Les filles, une force libre et inévitable”. La cérémonie a débuté par une projection vidéo racontant l’histoire de jeunes filles inspirantes. Quatre femmes choisies sur la base de leur force, leur abnégation au travail ont partagé leurs histoires aux jeunes filles. Malgré les difficultés rencontrées, elles se sont accrochées, se sont distinguées et sont aujourd’hui des modèles pour la jeune fille.

   Maférima Koné en fait partie. Elle est née dans un milieu pauvre et a été scolarisée à l’âge de 13 ans. Cependant, le fait de n’avoir pas commencé l’école plus tôt ne l’a pas empêché d’être brillante à l’école. En classe de terminale, elle perd sa mère qui était son seul soutien. Elle décide même d’abandonner l’école, mais se rétracte suite aux conseils d’une voisine. Elle échoue au baccalauréat mais ne baisse pas les bras et fait une seconde tentative qui se solde par le succès. À époque, mère et vivant avec le père de son enfant, ce dernier suite au conseil des proches lui demande de ne plus continuer les études. Car ses études supérieures, la conduira à ne plus le respecter. Ce que Maférima Koné refuse et fait voler en éclat leur union. Elle continue ses études et obtient son Brevet de technicien supérieur (BTS). Celle qui a été scolarisée à 13 ans, travaille dans une structure de la place, est entrepreneur et a été élue délégué au conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire. “Refuser de dépendre d’un homme. Au cours de mon parcours, j’ai eu à échouer mais je me suis relevée. N’ayez jamais peur d’échouer car l’échec forge », conseille t-elle.

   Nadège Kouakou est photographe. Cependant avant de le devenir, sa vie n’a pas été de tout repos. Enceinte à l’âge de 15 ans elle est chassée de la maison par son père. Elle va vivre auprès de sa mère en campagne. Rêvant grand, de la campagne, elle devient servante chez son oncle. “Je n’avais que 30 minutes d’apprentissage par jour » confie-t-elle. Utilisant ces 30 minutes à bon escient, un jour son acharnement au travail paie. “Je suis devenue photographe d’une députée puis d’un ministre aujourd’hui grâce à mon travail bien fait”, se réjouit-elle. Les choses ne s’arrêtent pas là, pour notre jeune photographe, elle possède son propre studio photo. “Je voyage partout aujourd’hui grâce à la photographie. J’ai même un voyage en cours aux USA pour une formation”, indique t-elle. Et d’ajouter “Ne vous découragez jamais. Si je m’étais découragé et j’étais restée au village lorsque mon père m’a chassé je n’en serais pas là aujourd’hui. Il faut être soit même et suivre la voix à l’intérieur de soi”, prévient-elle. N’ayant pas eu la chance d’être scolarisée, Nadège Kouakou s’est inscrite en cours du soir.

 

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Maférima Koné,Nadège Kouakou, Bakayoko Adja Asana et Natacha Flora Sanloué alias Nash, de jeunes femmes modèles pour inspirer les filles (LMC)

       Bakayoko Adja Asana est sujet de raillerie depuis son enfance du fait de son albinisme. Cette différence ne l’a pas empêché d’avoir de grands rêves et se donner les moyens de les réaliser. Selon elle “lorsque tu as une différence, il faut utiliser ses qualités pour les compenser”. Dicton qu’elle applique dans ses études et qui paie par ses résultats scolaires excellents. Elle décide même de ne pas s’apitoyer sur son sort. “J’avais un rêve, je veux laisser une trace, je ne vais pas abdiquer dès la première difficulté. Il n’y a jamais de problème sans solution”, se dit-elle. Grâce à sa détermination et son mental de fer, elle a été élue présidente de la jeune Chambre internationale de Côte d’Ivoire. Ensuite, sélectionnée pour le Yali Dakar un programme d’échange de 3 semaines au Sénégal. “Il ne faut pas s’apitoyer sur son sort mais il faut se démarquer par son travail”, soutient-elle.

     De son vrai nom, Natacha Flora Sanloué, Nash est artiste Rappeuse. Elle commence le Rap en classe de 6e. Elle grandit avec ses grands frères dans un quartier populaire de Man. C’est d’eux que vient son style un peu masculin. Sa vie est marquée par la violence au sein de sa famille. Battue par ses frères aînés, Nash voit également sa mère subir les violences conjugales de son père. Alors à son très jeune Âge, elle se donne pour mission de sortir sa mère de cet environnement. Elle s’accroche au Rap. Bien qu’inscrite au supérieur, elle continue sa carrière d’artiste. Natacha Sonloué connaît beaucoup de difficulté dans le milieu avant d’avoir du succès avec le titre  »gbonhi yoyoyo » qui l’a fait voyager avec le groupe à travers le monde. Poursuivant une carrière solo elle aborde dans sa musique des thèmes qui mettent au devant les droits des femmes. Car pour elle “Nous les femmes avons les même droits que les hommes ». À côté de sa carrière artistique, les œuvres caritatives sont importantes pour elle. “Dans mon combat, je me suis donnée pour mission d’aider les enfants de la rue”, lance t-elle. Elle a même été faite ambassadrice auprès de l’Unicef. A l’en croire “ il est important que la jeune fille se battre pour réaliser ses rêves ».

     Au terme de ces histoires inspirantes, Odile Pohan psycho-pédagogue s’est adressée aux jeunes filles dans l’auditoire. Pour elle, “la femme doit impacter par son intellect. Elle doit réaliser ses rêves dans la dignité uniquement par son travail”. Elle les invite à sortir du schéma dans lequel la femme pense que  »pour devenir quelqu’un, il faut passer obligatoirement par un homme”.

Délores Pie

Lemediacitoyen.com

 

 

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