Dossier /Année électorale, dans les coulisses des petits partis politiques

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Quand on parle d’élections ivoiriennes, l’attention s’oriente d’abord vers les partis politiques populaires traditionnels. Pourtant , derrière eux ou à côté d’eux, existent des partis politiques dits petits. Ces derniers s’affirment le plus souvent à l’intérieur des coalitions lors des joutes électorales.

 

Ils sont écologistes, centristes, socialistes, socio-libéraux … Les petits partis politiques ont ils une vision sincère pour la Côte d’Ivoire ou sont ce de simples accompagnateurs?

Une bonne partie de l’opinion considère qu’ils se créent pour faire de la surenchère auprès des grands. Zadi Djedje qui est suspecté de rouler pour le pouvoir d’Abidjan au regard de ses prises de positions se défend.

« Nous travaillons pour l’idéal des ivoiriens. Nous travaillons pour accéder un jour au pouvoir. Je ne suis pas venu en politique pour suivre quelqu’un », a précisé le président du Front populaire uni, Zadi Djédjé.

Affirmant prôner une idéologie centriste, il est également à la tête d’un groupement de 11 partis  dénommé l’Alliance des ivoiriens pour la démocratie et Union des masses populaire pour la patrie (AID-Umpp). Selon lui, son groupement politique compte avoir un candidat à l’élection présidentielle et cela se fera lors d’une convention avec l’ensemble des partis de la plateforme (AID-Umpp).

En terme d’offre politique, « je ne peux étaler nos stratégies, chacun est au laboratoire, chacun travaille, dans les jours à venir, vous verrez notre programme », confie-t-il. Il participe activement en tant que leader de groupement politique au dialogue politique sur le code électoral initié par le gouvernement.

Des positionnements idéologiques clairs

A la différence des petits partis politiques conduits par de grandes gueules de la trempe de M. Zadi, il existe d’autres partis plutôt peu audibles sur l’échiquier national pour l’heure. Pourtant, ce ne sont pas les idées qui leur font défaut.

S’il est élu président de la République de Côte d’Ivoire, il compte gouverner avec 18 ministres. C’est l’une des propositions du président du Parti patriotique progressiste de Côte d’Ivoire (PPP-CI). Il se nomme David Banni et est potentiel candidat à la magistrature suprême.

« Avec une population autour de 25 millions d’habitants, je peux valablement servir la nation avec 18 ministres au lieu d’une cinquantaine. Nous pouvons ainsi faire d’énormes économies au contribuable et orienter ses ressources dans des secteurs vitaux que sont la santé, l’éducation, la création d’emplois », promet-il.

Vivant, aux Etats-Unis, son parti a été créé depuis 2014 et possède plusieurs représentations en Côte d’Ivoire selon lui. Le PPP-CI est un parti centriste qui veut apporter une nouvelle gouvernance surtout à l’américaine. Selon son candidat, la Côte d’Ivoire doit entrer dans une « ère nouvelle », dont l’ivoirien doit en avoir conscience .

A la question de savoir si le PPP-CI pourrait rejoindre une coalition, son président se veut prudent : « Au début ça promet, mais avec le temps c’est comme dans un panier de crabes. En conséquence, le PPP-CI pour le moment est dissuadé par une idée de coalition mais nous observerons avec une  grande lucidité si une telle décision devrait être prise », prévient-il.

Egalement dans son approche du changement, le  leader progressiste  souhaite faire des amendements à la Constitution qui pour lui comporte des imperfections et cela se fera par référendum.

Écologie, justice sociale, centrisme, socio-libéralisme… 

 

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De son côté, créé le 20 juin 2010, le Front citoyen pour le renouveau (FCR) est un parti centriste prônant le socio-libéralisme. « Le FCR est née de l’éveil  de consciences  de jeunes ivoiriens, qui depuis 2008 déjà ont compris que les vieux partis les menaient tout droit dans des crises à n’en point finir », explique le président du parti, Cissé Souleymane.

Pour le premier responsable de ce parti, le FCR aura un candidat à l’élection présidentielle de 2020. Cette formation politique prône la justice sociale et entend travailler, si elle est élue,  « à réconcilier véritablement les ivoiriens autour des idéaux  du renouveau qui se basent sur la citoyenneté, l’union, l’égalité de justice, la liberté, la paix, la discipline, et le travail ». « Le problème majeur ici est une mauvaise  répartition du fruit du travail des fils et filles de notre beau pays », s’indigne le président du FCR, Cissé Souleymane. Le FCR se targue d’être le  père fondateur du concept de citoyen nouveau.

Selon son président, la création du parti ne répond pas à un suivi mais plutôt  à la conquête du pouvoir d’Etat pour  l’exercer. Concernant un probable arrimage à une coalition ou groupement de politique « pour le moment  nous ne sommes dans aucune coalition.  Soyez rassurés, nous nous attelons à présenter un candidat à l’ élection  présidentielle à venir. Quant à une probable alliance, seul l’avenir pourra nous situer », assure-t-il.  

L’appel à une révolution silencieuse

Son slogan pour l’élection présidentielle est : « La révolution silencieuse par les urnes, la révolution par les urnes ». Celle-ci est clamée par le président du Parti écologique ivoirien (PEI), Edmond Edouard N’Gouan. Selon lui, « cette révolution », qu’il appelle de tous ses vœux, est une rupture totale par les urnes, avec l’ancienne génération de politiciens.

« La révolution par les urnes veut dire être pour un changement radical, pour quelqu’un de nouveau. Quelqu’un issu du peuple, loin des politiques et des partis politiques anciens, c’est par les urnes que se passera la révolution », souhaite-t-il. Ce parti se réclamant  de l’idéologie ‘’écologie politique’’ a été créé le 11 avril 2005. Pour la course présidentielle, afin de prendre le « fauteuil », le PEI ne se lancera pas, mais rejoindra une coalition.

La non-participation à cette élection serait-elle du fait de vouloir être à la remorque des grands partis ? Le président du PEI nous répond  par la négative  et accuse le peuple. « Vous ne ferez jamais plus d’un mois sans entendre un parti politique dit petit réagir. Mais le peuple, il est si concentré à ne suivre que ceux qui l’ont pillé et qui sont à la base de notre misère, qu’il ne voit pas ces gens-là, dits petits, et pourtant grands, qui se décarcassent pour eux. Voilà pourquoi nous disons que c’est la faute au peuple. Un peuple enfermé dans le tribalisme qui vote selon l’approche ethnique », s’insurge-t-il.

Il ne présentera pas de candidat pour cette élection présidentielle, mais se prépare plutôt pour 2025. Il s’agit du parti le Sursaut national Côte d’Ivoire (SN-CI). Celui-ci fondé le 15 décembre 2018 est centriste.

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« Le Sursaut national n’est pas prêt pour les élections présidentielles de 2020. Nous travaillons plus à installer les bases du parti », indique son président Marcellin Kouamé. Son parti est membre fondateur de la Coalition pour la démocratie, pour la réconciliation et la paix (Cdrp) avec laquelle il veut jouer un rôle important lors de l’élection. « Etant donné que je ne pars pas à cette élection présidentielle 2020, alors je me permets d’appartenir à une coalition pour ne pas être isolé », explique-t-il. Selon lui, l’ingratitude et le non-respect des accords politiques l’ont poussé à créer son parti pour faire la politique autrement.    

Comme quoi l’échiquier politique ce n’est pas que les partis politiques traditionnels clivants.

N’Dri Koffi

Lemediacitoyen.com

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