Ce nouveau projet de loi/  Boris Anselme Takoué, Journaliste-écrivain

Insécurité
Boris Anselme Takoué, journaliste-écrivain

Concernant la question de l’égalité entre l’homme et la femme, on vient de nous apprendre qu’un nouveau projet de loi a été adopté et s’inscrit dans l’impératif de l’adaptation de la législation ivoirienne aux standards internationaux. Selon l’actuel porte-parole du gouvernement, ce dispositif autorise désormais, sur la base du principe de légalité entre l’homme et la femme, la mère à faire adjoindre son nom à celui du père de sorte que l’enfant issu aussi bien de la filiation légitime que naturelle puisse porter un nom double.   

Là, il s’agit d’une nouvelle génération de parents. Mais puisque c’est encore chaud, entrons rapidement dans le vif du sujet sans regarder un peu à gauche ni à droite.

Essayons donc de comprendre le plus simplement possible comme en mathématiques. Tactiquement, ça voudrait signifier par exemple, pour un enfant qui naît d’un père Koné Rodrigue et d’une mère Adou Simone, ses parents lui donnent pour nom: Koné-Adou Moïse. Celui-ci grandit et tombe fou amoureux de Gomon-N’dri Joëlle Estelle, qui, elle, visiblement est née d’un père Gomon et d’une mère ayant pour nom N’dri. Les deux se marient et donneront pour nom à leur enfant: Koné-Adou-Gomon-N’dri Sylvestre Thierry ? Et ainsi de suite pour leurs générations ?

Il va s’en dire qu’on portera des noms kilométriques si on suit bien. Mais là n’est pas le problème. La question qui turlupine les esprits dans les salons les soirs comme les matins depuis son annonce, est de savoir en quoi cette nouvelle loi fait ou va faire avancer les Ivoiriens? En observant ce qui se passe autour de nous, chez nous, on voit qu’on a quand même pas mal de soucis dans presque tous les secteurs qu’on n’a même pas fini de régler. Alors, l’autre question serait de savoir si ce nouveau projet de loi est le bienvenu ici?

En Côte d’Ivoire, des lycées et collèges attendent toujours d’abriter une bibliothèque, des salles informatiques, des espaces ludiques, entre autres. Que faisons-nous pour faire face à cela ? On préfère investir dans la grande distraction que dans la petite éducation. On ne sait pas quel nom et qu’elle image veut-on donner et faire porter à notre société.

Ce nouveau projet de loi compte-t-il dans l’idée de l’émergence de 2020 pour le pays? Quelle est réellement sa quintessence ? Comment allons-nous le faire comprendre et le faire accepter par tous? En clair, où va-t-il nous conduire exactement et précisément ?

Ouvrons un peu une autre petite parenthèse. Certes, en ce moment, certains coins de la Côte d’Ivoire, en dehors de la capitale économique, bougent et changent. En tout cas, il y a eu une métamorphose. Cependant, force est de constater qu’aussi, la majeure partie des Ivoiriens continuent de bâiller et baver… Fermons cette parenthèse et revenons à notre sujet.

De toutes les jeunes femmes que j’ai interrogées à ce sujet, seulement deux m’ont avoué qu’elles préfèrent garder l’ancien système, car c’est l’homme qui est le chef de famille. En tout cas, le débat est ouvert. 

Une contribution de

Boris Anselme Takoué,

Journaliste-écrivain

Lemediacitoyen.com

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