Forum de Tunis sur l’égalité du Genre : En avant vers Beijing+25/ par Laetitia Goli, experte genre et féminisme

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Carelle Laetitia, experte genre et féminisme (DR)

En septembre 1995, le monde faisait la promesse de s’engager pour l’autonomisation de la femme et de la petite fille, au travers de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing. S’en sont suivis notamment la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui prévoyait une participation pleine et significative des femmes à la consolidation de la paix et à la résolution de conflit ; la création d’ONU femmes en 2010, et l’adoption des Objectifs du Développement Durable en 2015.  

Alors, à un an de la célébration du quart de siècle de la Déclaration de Beijing et des 20 ans de la résolution 1325, les Etats veulent faire le bilan mais surtout réécrire le contrat social en y incluant les nouveaux paradigmes sociaux et économiques d’un monde qui a profondément changé.

Tel était l’objectif du Forum sur l’égalité du genre qui s’est tenu du 24 au 26 Avril 2019 dans la capitale tunisienne, de la coopération entre les Nations unies et les gouvernements tunisiens et suédois. Il a accueilli 500 participants du monde entier-dont 3 de la Côte d’Ivoire-, notamment des femmes militantes et des champions de l’égalité des sexes, des représentants des gouvernements nationaux, régionaux et locaux, de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire et d’organisations internationales. Afin que soient trouvées des solutions pour accroitre la représentativité des femmes dans la gouvernance locale, la participation des femmes au processus de paix et de sécurité, le développement de l’entreprenariat féminin, la création de villes plus inclusives, permettre aux femmes d’être plus présentes dans la technologie et l’innovation…

 La Tunisie en l’espèce est aussi un exemple progressiste en matière de participation de la féminine. En effet, en 2014, elle a ratifié ce que l’on peut qualifier de constitution la plus progressiste du monde arabe, compte plus de 30% de femmes dans son parlement ; et a défendu les droits des femmes quand ceux-ci étaient menacés après la révolution. Il s’agissait donc de tirer profit de l’expérience tunisienne et par ailleurs internationale.

 Au rang des nouveaux paradigmes plus haut évoqués, figurent bien entendu la prise en compte des femmes migrantes, rurales, de celles à mobilité réduite qui restent souvent bien loin des avancées en cette matière.

 Le Forum de Tunis a consacré la parité comme le leadership des futures générations, pour cela, il a mis un point d’honneur sur la participation et l’expression des jeunes, en créant le rapport intergénérationnel que n’a pas favorisé Beijing 95.

Parvenir à l’égalité c’est aussi et surtout ne laisser personne en arrière, en particulier les hommes qui doivent s’impliquer dans ce qui est aujourd’hui une responsabilité humaine, un devoir.  Car « si les problèmes d’inégalité ne sont pas réglés ce sont tous les problèmes de l’humanité qui ne le seront pas » a affirmé Abdoulaye Mar Dieye, Sous-secrétaire général chargé du bureau des politiques et de l’appui aux programmes, PNUD.

De cette rencontre, suivront des recommandations faites par tous les activistes présent.e.s et qui serviront à l’élaboration de la nouvelle résolution de Beijing +25 qui sera adoptée en 2020.

 Carelle Laetitia Goli

de retour de Tunis

Lemediacitoyen.com

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