Analyse/ D’un 8 mars à un autre, où en est-on avec l’inclusion financière des femmes ? / Stephane Ganhi , économiste de développement, spécialiste de l’inclusion financière

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Stephane Ganhi, économiste de développement, chroniqueur à lemediacitoyen.com

Où en sommes-nous avec le thème développé l’an dernier à savoir l’inclusion financière ? En réponse à cette question, force est de constater  que malgré les efforts fournis par nos décideurs de renforcer la politique sociale, il y a encore des défis à relever en terme de l’inclusion financière à l’endroit de l’autonomisation de la femme dans notre pays .

Afin d’apporter une contribution au débat sur l’inclusion financière en vue de l’autonomisation de la femme, nous partons du postulat selon lequel la femme constitue le pilier du développement économique et sociale de la famille. Pour un grand nombre en milieu rural elles sont des mères au foyer qui pour subvenir aux besoins de leurs familles participent au système de rotation monétaire communément appelé tontine.  Avec ces montants perçus des tontines, elles créent des activités génératrices de revenus (AGR) pour l’éducation, la santé et l’habillement des enfants. L’état par l’adoption des filets sociaux vient de répondre à un besoin de prise en charge des plus démunis par des transferts monétaires via le mobile banking (selon le ministère de la solidarité de la famille, de la femme et de l’enfant). Cette année les décideurs ont décidé d’accroitre le nombre de bénéficiaires en y ajoutant 15000 autres bénéficiaires en plus des 35000 déjà identifiés. Cette manne financière transférée pourrait rétablir une justice sociale si les opérateurs de mobile banking pensaient à reverser des dividendes sous forme d’intérêts de la collecte d’épargne qu’elles mobiliseraient.

Afin que cette inclusion financière ayant un volet social puisse être optimale au niveau national, il faudrait penser à utiliser un établissement financier qui pourrait définir un produit adapté aux femmes en milieu rural tout en tenant compte du statut social des bénéficiaires afin que l’inclusion financière ne reste pas un slogan. En plus il faut aussi constater qu’il existe des familles monoparentales dans notre pays une donnée à ne pas occulter dans la définition des critères des bénéficiaires car un grand nombre de femmes se retrouvent toutes seules avec les enfants. Pour une inclusion financière permettant la promotion de l’autonomisation de la femme, il faudrait penser à se rapprocher des guides religieux qui ont une proximité avec les populations et inclure dans le programme la finance islamique si tel est il que cette stratégie de réduction de la pauvreté est destinée aux exclus et démunis. En combinant l’inclusion financière aux filet sociaux on pourrait toucher un plus grand nombre de personne. Enfin le ministère de la famille gagnerait à inclure dans ses critères d’octroie d’aide les familles monoparentales par une identification de ceux-ci avec l’aide des conseils régionaux.

Par Ganhi Stephane, économiste de développement

 Spécialiste de l’inclusion financière

Lemediacitoyen.com

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