Focus/  Gisèle Kelly, aide-ménagère, victime d’abus reconvertie en défenseure des filles de ménage

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Ancienne aide menagère victime de fausses accusations, Mme Ore Kelly défend désormais ses ex collègues. (DR)

Dans la mouvance de l’enquête sur le calvaire des filles de ménage, nous vous proposons l’histoire de Gisèle Kelly, ancienne employée de maison dont la vie a basculé un décembre de 2010.

Ore Prudence Gisèle epse Kelly menait une vie de gouvernante calme jusqu’au 27 décembre 2010. A cette époque, elle est en fonction dans un  domicile d’expatriés à Marcory-résidentiel.  Tout bascule lorsque son employeur, de retour du travail, annonce la disparition d’une somme de 2000 dollars dans la maison, soit un million de F CFA. Il fait venir la police qui embarque toutes les employées. Elles sont  trois femmes, la gouvernante y comprise.

Ces dernières passent trois  jours au commissariat du 9e arrondissement de Marcory, avant d’être déférées à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), le 30 Décembre 2010. Ore Prudence Gisèle épse Kelly,  la plus âgée se retrouve dans une cellule de grandes criminelles condamnées à des peines allant de 5 à 20 ans. Elle est désormais sous la contrainte des responsables des cellules, elles-mêmes prisonnières, qui n’hésitent pas à lui faire exécuter des corvées telles que le nettoyage des cellules, des toilettes, de la cour et des caniveaux dès son réveil.

L’employeur, veut connaitre la coupable par tous les moyens. Il fait venir une magicienne dans les locaux de la police pour soumettre avec l’accord des policiers, ses employées à une épreuve de prestidigitation avec des balais. Au terme de la prestation de la magicienne, l’une des filles est identifiée comme coupable du vol. A la suite de cela, l’Association caritative chrétienne d’Afrique (ASCAF) est saisie. ‘’Ce faisant, dès notre arrivée à la police, nous avons exigé la libération immédiate des deux présumées innocentes, vu qu’elles ont été blanchies par l’épreuve des balais. Mais curieusement,  l’employeur, initiateur de ce tour de magie a exigé que les trois employées soient maintenues dans liens de la justice. Notre association est donc intervenue pour obtenir la libération des filles pour insuffisance de preuves ou délit non constitué après environ deux semaines de détention arbitraire à la MACA’’, se rappelle  Gnepoh Roger  Courtois, premier responsable de la structure.

Les aide-ménagères  sont finalement libérées le 05 janvier 2011.Gisèle, 15 ans d’expérience dans le travail domestique est  par ailleurs  titulaire d’un Baccalauréat.  Elle choisit de se mettre au service de l’association qui l’a extirpée des griffes de la prison où elle était maintenue sans preuves. Elle y assure  la formation et fait la promotion des  droits des employées de maison. Elle intervient depuis lors en tant que formatrice et chargée du programme de formation  des assistantes maternelles  (fille de ménage et nounou) à l’ONG ASCAF.

Marina Kouakou

Lemediacitoyen.com

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