Histoire et  littérature, le prince Aniaba, le nouvel héros de Serge Bilé

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Serge Bilé veut aller sur les traces de l'enfance d'Aniaba (DR)

Le journaliste et écrivain ivoirien Serge Bilé, prix d’excellence de la culture en 2018, est connu aussi pour son travail de la mémoire. Depuis ces dernières années, il s’incruste dans l’univers de figures ivoiriennes. Après son dernier bébé sur Houphouët Boigny, il annonce les couleurs en s’invitant dans le 17 e siècle franco-ivoirien. Son projet imminent : écrire sur l’enfance du prince Aniaba.

C’est un Serge Bilé affairé qui dédicace ce dimanche 27 juillet 2019  dans une galerie d’Abidjan. Sa table ne désemplit pas d’admirateurs ou de simples lecteurs. L’ivoirien Serge Bilé vit à l’étranger et  écrit beaucoup sur l’étranger. Il s’intéresse le plus au destin du Noir. Avec Titanic, le héros est un passager haïtien. Avec Boni, il présente un esclave guyanais. Boni, c’est aussi un pont entre la Guyane et la Côte d’Ivoire. Puis dans la foulée, l’écrivain s’est penché sur l’ivoirien Houphouët Boigny après des anecdotes sur Aimé Césaire.

Ces divers personnages cités pêle-mêle appartiennent à différentes périodes de l’histoire.  Chaque livre devient un nouveau voyage. Apprêtez-vous à voyager encore.

Entre deux signatures de bouquin  ce dimanche, Serge Bilé nous met dans la confidence au cours d’un échange à bâtons rompus. Non, il n’écrira ni sur Laurent Gbagbo, ni Henri Konan Bedié et non plus  Alassane Ouattara.

« Houphouët, c’est la pierre angulaire. Les autres m’intéressent moins. C’est comme quand j’écris sur Césaire, les autres qui viennent ne m’intéressent pas. Pas qu’ils ne sont pas importants, mais j’estime qu’il fallait décrypter Césaire, décrypter Houphouët, apporter un regard différent de ce que d’autres auront écrit. Les autres, ce sont des hommes politiques qui sont plus ordinaires qu’Houphouët. Par contre Boni, c’était la manche, le pont entre la Côte d’Ivoire et la Guyane. Maintenant, je vais attaquer, si j’arrive à boucler le budget un livre sur Aniaba ».

Approfondir le travail d’ Henriette Dagri Diabaté

Aniaba est un prince  d’Assinie dans le Sud-Est ivoirien.  Selon l’histoire, il est envoyé en France en 1688 dans la mouvance de la pénétration française. Converti au catholicisme, il est parrainé par LouisXIV.  Après une dizaine d’année, il rentre  dans son royaume sans succéder au trône du Sanwi.

L’historienne ivoirienne Henriette Dagri Diabaté  s’est intéressée à ce prince. Elle a fait  publier  en 1975  son  œuvre « Aniaba, un Assinien à la cour de Louis XIV ». « Je m’intéresse à l’histoire de la Côte d’Ivoire depuis longtemps.  Ma première passion pour l’histoire avant que je ne quitte la Côte d’Ivoire était pour la reine Pokou. Tous ces gens, tous ces personnages qui ont accompagné cette histoire, ont toujours marqué mon enfance. Aniaba est un personnage qui m’a beaucoup fasciné. Je n’avais pas eu le temps d’écrire sur lui et je trouve que le travail qu’a fait madame Diabaté était excellent. Mais il manquait pour moi quelque chose »

On sait à peu près ce que Aniaba est allé faire en France. On sait ce qui s’est passé quand il est revenu. Mais on ne connait pas l’enfance d’Aniaba. Comment était-il quand il était petit ?, Comment a-t-il vécu sur le littoral sud ? Serge Bilé nous promet, s’il boucle le budget, un retour dans l’enfance du prince d’Assinie.

       Comment consolider toute l’œuvre de la mémoire de Serge Bilé ? L’écrivain estime avoir  humainement fait tout ce qu’il  pouvait faire. « Sur les Boni, je pense que j’ai tout fait. La première chose que j’ai faite, il y a 25 ans, lorsque je les ai découverts, j’ai fait un article dans Ivoire Soir pour les faire connaitre à la Côte d’Ivoire. Ensuite j’ai organisé un voyage de retour pour eux, il y a 25 ans avec des moyens extrêmement limités. J’ai réussi avec des amis à convaincre le ministre de la Culture à s’engager dans cette opération. On a pu faire revenir les Boni 25 ans après, cela a été un succès ». Ce succès a été précédé par un livre qui a connu un succès qui s’appelle Boni

 « Maintenant, si la Côte d’Ivoire souhaite entretenir un lien particulier avec ces personnes qui sont une partie d’entre elles d’origine ivoirienne, ce sont les autorités qui devront mettre en place quelque chose ou encore des ivoiriens lambda qui ont envie d’entretenir des relations poussées avec eux, même les Boni, eux-mêmes »,pense-t-il.

 Serge Bilé  argumente qu’il  y a ce qu’un particulier peut faire, ce qu’un auteur peut faire, ce qu’un réalisateur de film documentaire peut faire.  Et aussi ce qui relève d’un pays, d’un gouvernement. « La question d’un musée, c’est beaucoup de moyens pour le construire, beaucoup de moyens de conquérir des œuvres, beaucoup de moyens pour l’entretenir », renchérit l’auteur.

 Nesmon De Laure

Lemediacitoyen.com

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