Le mal dans le silence/ Boris Anselme Takoué, journaliste-écrivain

Insécurité
Boris Anselme Takoué, journaliste-écrivain

« Faites attention ne cirez pas vos chaussures ou n’arrangez jamais vos chaussures vers liberté sur le mur de 220 logements en allant vers CMA Adjamé. Ce sont des criminels. Des bandits. Ils disent qu’ils cirent des chaussures ils vous appellent et quand vous venez cirer ils vous disent cela fait 1000 F ou plus quand vous discutez ils essaient de vous faire du mal et personne n’approche pour vous aidez. Publiez au maximum pour que d’autres soient sauvés. » C’est le message qui circule sur la toile depuis quelques jours sous forme de capture d’écran, qui est écrit en majuscule et en gras. Quand bien même le texte ne respectant pas du tout les signes de ponctuation, le message est nettement perçu. Sûrement que la personne de qui émane cette information a été victime de vol tout comme moi, une fois.

A l’entrée de la cité de 220 logements, à quelques encablures de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), sous de gros parapluies, se trouvent des jeunes exerçant de petits métiers juteux. Ils sont pour la plupart d’entre eux, des cordonniers, cireurs, entre autres. Ils ne sont pas tous des enfants de chœur. Parmi eux, se cachent parfois de mauvaises graines.

En réalité, quand vous passez près des personnes malveillantes parmi elles, elles vous invitent tout doucement et poliment à venir faire cirer ou laver ou encore teindre vos chaussures (c’est selon) à un prix moins couteux. Et si vous avez le malheur d’accepter l’un de leurs services, après avoir fini d’effectuer le travail que vous avez demandé à l’une d’entre elles, le roublard double ou triple le montant qu’il vous avait dit au départ. Quand vous lui rappelez que ce n’était pas ce que vous aviez convenu auparavant, il nie carrément ses propos et vous défend de discuter avec lui et de payer rapidement sa prestation.  

Si vous vous refusez de lui donner le montant qu’il exige, sur le champ, il bloque vos chaussures, ses acolytes qui ne sont toujours pas très loin, viennent le soutenir et vous brutalisent. Si vous n’avez pas la chance, ils vous volent tout doucement. Même si vous essayez de solliciter de l’aide, peu importe la manière, personne ne viendra à votre secours. Les faits se déroulent tellement vite que vous n’avez pas le temps d’y voir clair dedans, comme on le dit à Abidjan. De toute façon, vous le client, sortez perdant. Ainsi, chaque jour, des gens sont victimes là-bas, à Adjamé Liberté à l’entrée de la cité 220 logements. Et les mêmes types sont présents en cet endroit depuis des années sans qu’on ne trouve à redire de leur agissement. Ces gens dont on ignore leur provenance, continuent de faire du mal en silence dans ce petit coin d’Adjamé sans être inquiétés.

Adjamé dont le nom signifie en tchaman « la rencontre » ou « le centre » est une commune située au nord  d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Elle connaît un petit changement depuis quelques temps en termes de sécurité, d’insalubrité, entre autres. On avait salué les efforts consentis à ceux qui avaient suscité ce changement. Mais apparemment, sur le plan de la sécurité, il reste encore à faire. Sinon, comment comprendre par exemple, que des gens qui installent tables, bancs et autres matériels pour chercher leur pitance quotidienne, profitent de leur travail pour voler les autres en pleine journée sans être interpellés ? C’est tout de suite inadmissible ! Et il faut rapidement agir afin d’éviter le pire.

Boris Anselme Takoué,

Journaliste-écrivain

Lemediacitoyen.com

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