Reportage/ Williamsville (Adjamé), Auteurs ou victimes, dialogue de résilience d’élèves face au banditisme 

Séance de dialogue dans une classe . (LMC)

       Une session de dialogue  a réuni des élèves,agresseurs repentis ou victimes d’agression, le 25 septembre 2019, au lycée municipal d’Adjame à Williamsville. Cette activité s’inscrit dans le cadre du  projet « prévention contre la violence à  travers le dialogue, la mémoire, et l’éducation »  mis en oeuvre par l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme.

      L’objectif étant de créer un climat de sécurité, L’OIDH a choisi comme médiateur les encadreurs  dudit établissement. En vue d’amener les élèves  à répondre de leurs actes et de trouver une solution ensemble afin d’améliorer la sécurité, ladite session dialogue a débuté par des questions. Mais avant, quelques règles de sécurité ont été établies. Il s’agit entre autres de ‘’ne pas se moquer, laisser son ami s’exprimer, ne pas s’insulter, ne pas bavarder au  cours de l’activité, et parler à voix haute’’. Suite à cela, Etienne Kouadio Professeur d’Histoire Géographie, a débuté la session de question en s’adressant aux élèves. « Que signifie pour toi être en sécurité ? »  A cette question bon nombre d’élèves répondent «  C’est le fait de venir à l’école et de constater la présence des responsables du lycée et gardien ».

     Si la présence des gardiens et autres responsables de l’établissement rassurent certains élèves,  plusieurs autres ne se sentent pas en sécurité, et le font savoir à la suite des questions posées dans ce sens. A savoir ‘’Des agressions ce sont-ils déjà présentées ? Cette école est-elle sécurisée ?’’.  

      Il n’en faut pas plus pour faire réagir des victimes et auteurs d’agression. Soumahoro C. est en classe de terminale. Victime d’une agression au sein de ce lycée, elle ne se fait pas prier pour réagir. «  J’étais en classe de seconde. Après la recréation à notre retour  en classe, un élève nous a prévenu de sortir de l’établissement mais le temps de ranger mes affaires et descendre,  j’ai croisé les agresseurs en route. Ils étaient armés de couteau, et de machette rouillée. J’étais terrifiée, je pleurais de peur qu’il me blesse, alors j’ai décidé de tout leur donner. » Se souvient-t-elle. A sa suite Tano C. raconte son témoignage. « J’ai été témoin d’une agression j’étais dans l’incapacité d’intervenir.  J’étais allé uriner je repartais en classe et j’ai vu des gens escalader le mur du lycée alors je me suis arrêté pour regarder.  Pendant qu’ils se rapprochaient vers moi, j’ai vu un élève de 5eme qui avait un téléphone en main et des écouteurs dans l’oreille. Ils se sont approché et ont demandé à l’élève de donner son téléphone. Le petit a refusé à plusieurs reprises. C’est alors que l’un d’entre eux s’est fâché, et a piqué l’élève dans sa jambe à l’aide d’un couteau.»  A-t-il dit.

    Selon le professeur Youssouf Doumbia «la situation qui vient d’être décrite date de quelques années en arrières lorsque le quartier a été cassé. C’était un weekend,  le lundi quand nous avions repris le travail, c’est ce jour qu’il y a eu une situation indescriptible, donc la plus part des témoignages provient de cette période ». 

    Après les témoignages des témoins et victimes, les auteurs impliqués dans les agressions au lycée ses sont aussi exprimé.  « En toute franchise j’ai été impliqué dans une agression avec mes amis. L’an dernier nous sommes rentrés dans le lycée sur le bâtiment C. Nous avions attaqué les élèves de la seconde, nous avions pris les téléphones et de l’argent, depuis lors j’ai eu des remords et j’ai déconseillé mon groupe d’amis à revenir au lycée car tous les élèves sont aussi mes amis. Je ne veux pas du mal à l’un d’entre eux, donc je ne suis plus avec mes anciens amis.», explique l’élève K. Ibrahim. Il a regretté son acte et a décidé d’arrêter.  

    K.Losseni en classe de la terminale a aussi affirmé avoir participé à une agression. « Une fois moi et mes amis sommes venus déloger le lycée et avons délogés d’autres lycées ce jours-là. En route nous avions agressés quelques élèves, mais après quelques idées me sont venus en tête je me mettais a la place de ces victimes.  J’ai regretté d’avoir commis cet acte et j’ai décidé de quitté ce groupe et me consacrer à mes études. ».

       Avant de clore l’activité, les participants ont trouvé des solutions  pour une amélioration de la sécurité au lycée municipal d’Adjame Williamsville. Ces solutions sont notamment ‘’ dénoncer tout acte d’agression chez les éducateurs, s’entraider pour éviter d’être agressés, sensibiliser à travers des débats, signaler toute personne louche présente dans le lycée, se munir des tenues d’EPS à tout moment pour être reconnu comme élevé du lycée , respecter le règlement intérieur, éviter d’insulter ses amis, rentrer directement a la maison après les cours, rester toujours en groupe, rester toujours tolérant’’.

    Plusieurs cas d’agression entre élèves et sur les autres membres  sont constatés chaque année. Au cours de l’année 2018 -2019, des cas d’agressions ont été enregistrées motivant des séances de conseil de discipline, on peut citer dans ce cadre l’élève K. L. en classe de 6 ème auteur de trois agressions sur des élèves a une arme blanche. Cette séance a enregistré la participation de de 16 élèves donc 8 filles et 8 garçons. C’est un total de 15 cadres de discussions qui sont soutenus par l’OIDH, dans trois localités de la Côte d’Ivoire notamment Abidjan Duékoué et Toulepleu. Il s’agit à travers ces sessions de dialogue de faire des femmes, des jeunes, des victimes, des acteurs clé dans la recherche de solution durable pour la prévention des violences dans leurs différentes communautés et en Côte d’Ivoire.

     Depuis 2017, l’OIDH  avec l’appui de ses partenaires tel que la Fondation ROSA Luxembourg, soutien les activités de renforcement de la paix et de la cohésion sociale par la prévention de la violence dans les établissements scolaire et communauté par la promotion de dialogue communautaire. C’est plus de 50 facilitateurs former, 51 sessions de dialogue au bénéfice de 1000 personnes notamment les victimes, les jeunes, les femmes et les élèves.  

 Ruth Assoko (stagiaire)

Lemediacitoyen.com

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