Lutte contre la désinformation : une foire initiée à Abidjan pour venir à bout du fléau.

    Dans le cadre de son programme de lutte contre la désinformation dans les processus politiques, le National Democratic Institute (NDI) Côte-d’Ivoire a initié une foire de lutte contre la désinformation et les discours de haine. Cette foire s’est tenue le mardi 29 juin 2021 à l’institut des sciences et techniques de la communication ISTC polytechnique. Les organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la désinformation et les fakenews ont tenus des stands et animés des panels autour de la désinformation. Il s’est agit d’exposer et présenter les actions entreprises pour venir à bout de ce fléau au public venu en masse à cette foire.

    Le représentant résident du NDI Kévin Agbemadon  n’a pas manqué de préciser qu’à travers ce programme il s’agit d’appréhender la désinformation sous toutes ses formes. « Les élections sont les périodes où il y a la prolifération de la désinformation.  La présente foire de lutte contre la désinformation qui se tient a pour but de lutter contre la désinformation et le discours de haine. Soyons tous ensemble contre la désinformation et les discours de haine.  » a-t-il exhorté. Aussi il a tenu à souligner que la société civile ivoirienne a accompagné le NDI dans ce programme.

    Les organisations de la société civile ayant travaillé avec le NDI dans la mise en œuvre de ce programme ont présenté au public l’étendue et les résultats de leurs actions. Il s’agit de l’observatoire Ivoirien des Droits de l’homme (OIDH), le Réseau Action Justice et Paix (RAJP) …, Générations innovantes et Fondation Graze Mozaïk. 

    Lors de cette foire sur la désinformation, une dizaine d’organisations travaillant sur la désinformation et les discours de haine ont tenus des stands. Parmi ces organisations le Salon des Jeunes Femmes et citoyennes journalistes (SFJ). Le salon des jeunes femmes et citoyennes journalistes est une plate-forme qui réunit les étudiantes en journalisme, les bloggeuses, les Web-activistes et les journalistes ayant une expérience professionnelle de moins de 10 ans. Selon la présidente Marina Kouakou, le SFJ mène une campagne en ligne de lutte contre la désinformation et le discours de haine à travers sa page Facebook. « À travers cette campagne, nous demandons à la population de vérifier les informations avant publication. Aussi, au cours d’un de nos afterwork thématiques que nous tenons chaque trimestre, nous avons abordé la question de l’infobésité qui est une surcharge informationnelle. Voici entre autre ce que notre plate-forme a déjà proposé en matière de lutte contre la désinformation. » Et nous ne comptons pas en rester là, nous étendrons nos actions de lutte bien au-delà de cette foire. »

    À cette exposition, il y avait le REFWADHA. C’est le réseau des femmes Web-Activistes engagées pour la lutte contre les Discours de Haine en ligne. Les attentes de Kadi Traoré membre du réseau qui tient ce stand sont de recevoir le maximum de visiteurs afin qu’au sortir de cette foire, de nombreux ivoiriens sachent faire la différence entre une information vraie et une fakenews. « Il faut qu’un maximum d’ivoiriens sachent qu’on n’a pas besoin de tenir des discours haineux pour se faire entendre » Laisse entendre la jeune femme.

    La cellule anti fake news à également exposé à cette foire. Ben Adams Fofana est membre de la cellule anti Fake news. Il nous apprend que l’initiative citoyenne est née en Avril 2020 suite à l’infodémie pendant la crise du coronavirus. « Nous luttons contre les fake news. Notre travail se fait sur le Web mais également sur le terrain. Notre objectif en exposant à cette foire est de faire comprendre aux individus le risque qu’ils encourent juridiquement en s’adonnant à la prolifération des fakes news car non seulement ils s’exposent à des poursuites mais ils peuvent également embraser le tissu social. Aussi pendant les élections nous avons travaillé en concours avec la CEI. Nous avons fait des capsules en langue locale (bété, baoulé, guéré, dioula) pour sensibiliser contre les discours de haine. »

    Au cours de cette foire, en plus des expositions il y a eu des panels sur diverses thématiques avec des intervenants du domaine. Le Panel auquel nous avons pris part a porté sur le thème « Infobésité, Infox, discours de haine, média et démocratie à l’ère du numérique ».

Quatre Panélistes de différentes organisations notamment le Salon des jeunes Femmes et citoyennes journalistes (SFJ), Indigo Côte d’Ivoire, le REPPLECI, UNESCO ont animé ce panel.

    Ce qu’il faut retenir selon Audrey Assi secrétaire du Salon des jeunes femmes journalistes SFJ est « qu’il faut filtrer l’information, la vérifier et en connaître la véracité avant de la publier. » 

    Pour Lassina Serme président du réseau des de la presse en ligne de Côte d’Ivoire REPLECI, qu’il s’agisse des fakenews comme des discours de haine, ce sont des problématiques qui ont existé par le passé et qui continuent d’exister. Aujourd’hui les fakenews news se véhiculent avec rapidité et touchent le maximum de personnes. « Nous avons investi les quartiers comme Abobo et Yopougon pour enseigner les outils de vérification des fakenews aux populations. » Aussi il fait remarquer qu’il y a une hausse des fausses informations pendant les périodes électorales.

    Serge Adams Diakité représentant d’Indigo Côte d’Ivoire est du même avis.« Effectivement lorsqu’il y a des événements majeurs, activités politiques intenses, crises sanitaires, il y a beaucoup de fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est dans ce sens qu’en 9 mois on a observé au niveau d’indigo Côte d’Ivoire, 5000 discours de haine en ligne. Aussi Il y a eu 207 discours de haine le 17 juin 2021 relativement au retour de l’ex Président Ivoirien Laurent Gbagbo. »

    Évelyne Deba chargée de l’éducation aux médias à l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) est allée dans le même sens que ses prédécesseurs. Elle a Définit les termes infox(informations fausse) ,  et infobésité (surcharge informationnelle). Aussi a-t-elle pointé du doigt les nouvelles technologies comme la cause de ce désordre informationnel. En effet avec leur avènement, les journalistes ne sont pas les seuls à véhiculer l’information. L’alternative c’est une société éduquée aux médias. Pour elle la solution c’est donc l’éducation aux médias des masses.

 Delores Pie 

Lemediacitoyen.com

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