Lycée P. Gadié de Yopougon, la drogue fait des ravages, des élèves  expliquent leur mal-être

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Des élèves se confiant au ours d'un dialogue communautaire (LMC)

Consommation de drogue dure, douce, agression, maladresse et tout autre acte du genre, menacent la cohésion au sein du lycée pierre Gadié de Yopougon à Abidjan. Pour mettre fin à cela, l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) a ouvert une session dialogue communautaire au préau dudit lycée, le 06 novembre 2019.

Deux groupes d’élèves ont pris part, de manière consensuelle à la rencontre.  10 garçons soupçonnés à la fois de se droguer et d’être victimes de violence, et 10 filles qui vivent la situation  ont constitué ces groupes.

Le facilitateur Essis Meles Antoine a donné des consignes avant le dialogue à savoir « Laisser son ami parler,  éviter les moqueries, ne pas répéter la même réponse … ».

Quand il demande aux élèves comment ces derniers se sentent dans le lycée, Aka I. répond sans ambages. Contrairement à ses amis, elle ne se sent pas à l’aise.  «J’aimais les lycées publics,  car j’avais remarqué que dans certaines écoles privées assez d’élèves avaient tendance à agresser les professeurs. J’ai fréquenté le lycée de Bondoukou et par chance j’ai été orientée dans cet établissement  en classe de 3e, mais depuis mon arrivée ici je ne me sens pas à l’aise », raconte-t-elle.

Elysé élève en classe de seconde, lui, se plaint d’agression. « Lorsque j’étais en classe de 5e j’ai été agressé aux environs de 15h par un gang de personnes qui ont pénétré dans le lycée par la clôture, j’ai eu de la chance car mes amis de classe nous avaient remarqué de loin et sont venus à mon secours. C’est de là que les agresseurs  sont partis sans me faire grand mal. »

Pourquoi ce mal-être ?

 Le Lycée Municipal Gadié Pierre de Yopougon  est confronté au fléau de la drogue. Pendant la tenue des cours, des élèves sortent des salles de classes avec ou sans la permission de professeur. Ils sortent pour fumer un joint, quand ils reviennent, ils deviennent subitement nerveux.

Ils   agressent bien des fois des enseignants et des camarades de classe. Souvent des intrus en complicité avec des élèves sous l’emprise de la drogue exercent des actes de violence  de façon générale et surtout des filles dans la cour des écoles.

« Un ami de classe a proposé que je  vende  la drogue pour lui »

Inès qui participe au dialogue communautaire s’exprime sans ambages : «un ami de classe a demandé une fois si j’aimais l’argent, et j’ai dit oui. Ensuite il a proposé que je  vende la drogue pour lui. Il m’a aussi dit qu’il y’a de l’argent dans ce commerce. Après cette causerie je me suis sentie mal, j’avais de la peine pour lui je n’ai pas pu répondre à sa demande jusqu’aujourd’hui ».

Comment sortir le lycée de l’ornière ? Au cours du dialogue, les élèves eux-mêmes formulent des propositions. Ces solutions sont, entre autres, « sensibiliser, connaitre les causes avant la sensibilisation, projeter des films, organiser des conférences pour parler des effets de la drogue, créer une chaîne de télévision pour en parler. »

Cette rencontre fait partie des dialogues communautaires initiés par l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH).

C’est au total 15 cadres de discussions ouverts  dans trois localités ivoiriennes. Ce sont : Abidjan, Duékoué et Toulepleu. Il s’agit à travers ces sessions de dialogues d’impliquer  des femmes, des jeunes, des victimes et autres  acteurs clé dans la recherche de solution durable.

 Depuis 2017, L’OIDH avec l’appui de ces partenaires tel que Rosa Luxembourg, soutient les initiatives de renforcement de la paix et de cohésion social par la prévention de la violence dans les établissements scolaire et communautés par la promotion du dialogue communautaire.

 C’est plus de 50 facilitateurs formés, 51 sessions de dialogues au bénéfice de 1000 personnes notamment les victimes, les jeunes, les femmes et les élèves.

 Ruth Assoko (stagiaire)

Lemediacitoyen.com

 

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