Dialogue politique,le parrainage évoqué, attention à l’exclusion

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Les membres du gouvernement lors de la rencontre du 10 janvier 2020 avec la société civile (DR)

Une petite réflexion sur la deuxième phase du dialogue politique concernant le code électoral, qui a débuté récemment entre le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile. Selon une source bien introduite, la question du parrainage  est mise sur la table par le gouvernement comme l’un des critères pour la candidature à présidentielle de 2020. Le débat concernerait le parrainage d’élus vs le parrainage populaire.

Avant d’aller un peu plus loin dans notre réflexion, qu’est-ce que le parrainage électoral ? La présentation des candidats à l’élection présidentielle (couramment appelée « parrainage » ou « signature ») est, dans la politique française, une procédure par laquelle les candidats à l’élection présidentielle sont présentés auprès du Conseil constitutionnel par des élus, un candidat à cette élection ne peut concourir au scrutin que si un suffisant d’élus l’ont ainsi présenté, selon wikipédia.

Cela veut simplement dire dans ce cas précis que pour un citoyen dans un pays donné qui souhaite être candidat, doit avoir sur sa liste de candidature des élus à savoir des députés, des maires, des sénateurs qui soutiennent le candidat et avec un nombre conséquent d’élus requis les textes.

Le modèle sénégalais

Tout près de nous, un pays l’a expérimenté à sa présidentielle. Il s’agit du Sénégal qui a choisi le parrainage citoyen. Dans ce pays, pour être candidat, il faut réunir le parrainage de 0,8% du corps électoral, c’est-à-dire 52000 personnes issues d’au moins sept régions différentes du pays. Les électeurs ne peuvent parrainer qu’un seul électeur. Au-delà du Sénégal, certains pays dans le monde ont opté pour le parrainage des élus. A savoir que la liste de ceux qui doivent parrainer le candidat doit être portée par des maires, des députés, des sénateurs.

Par ailleurs, pour revenir à la Cote d’Ivoire, le président de la République, Alassane Ouattara, lors de sa visite d’Etat dans le Hambol a évoqué le parrainage. Un extrait : «Nous avons une manière de gérer l’Etat de Côte d’Ivoire. Cette manière est totalement démocratique. J’ai un certain nombre d’idées avec le vice-président et le secrétaire général de la présidence  et je les transmets au premier ministre qui doit les faire étudier par le gouvernement. Donc je ne sais pas ce que ce que le gouvernement va proposer. Je pense que ce serait bon d’avoir le parrainage des candidats. Maintenant, est-ce que c’est les citoyens inscrits sur la liste électorale ou les élus ? Moi je ne peux pas vous le dire. C’est le gouvernement qui doit voir ce qui se passe ailleurs et quels sont les résultats. Ensuite, il nous fera des propositions que le conseil de ministre examine. Ensuite le dossier va à la commission électorale pour avis avant d’aller à l’Assemblée nationale ».

Le parrainage, Y a-t-il urgence ?

 Le chef de l’Etat ivoirien se dit favorable pour un parrainage des candidats, mais de quel type ? Pour le numéro un ivoirien, après 60 ans d’indépendance, le pays doit passer à une autre étape. Il veut faire l’économie d’une pléthore de candidature et laisser les plus sérieux concourir.

 S’il y a une introduction du parrainage, sera-t-il du modèle Sénégalais ? Va-t-on demander à un ivoirien pour être candidat d’avoir la signature des élus sur sa liste conditionné à un nombre obligatoire d’élus ? Le parrainage est-il bon pour notre démocratie qui continue de se construire ? Cela ne va-t-il pas donner lieu à un marchandage d’électeurs pour constituer le parrainage ? Pour les potentiels candidats qui n’ont pas d’élus pour les parrainer, que feront-ils ?

A mon sens, faire des modifications au niveau de notre code électoral n’est mauvais en soi mais il faut être impartial, éviter des exclusions. Si le parrainage des élus est choisi, n’est-ce pas une manière de facto de se choisir des adversaires pour la compétition électorale. Ou un moyen pour le pouvoir de se débarrasser de tous ceux qui pourraient être des obstacles  au fauteuil présidentiel ? N’allons pas assister à des migrations d’élus d’un camp ou un autre ?

Un fils de paysan ou un jeune entrepreneur ayant de belles idées ou une ambition noble serait exclu de facto de la course car ne possédant pas d’élus. D’un autre côté, la prestation de certains candidats à la présidentielle de 2015, nous a laissé sur notre faim, car c’était vraiment « complexe » pour certains candidats.

 Je demanderai au gouvernement, à l’opposition et à la société civile sur ce dossier du code électoral de travailler dans le sens de l’intérêt général. De faire en sorte que personne ne soit exclu de façon arbitraire, ou que cela ne mette pas à mal le principe de la liberté d’expression, la liberté des idées, la liberté de vendre ses idées à l’électorat. Nous souhaitons le consensus et que le code électoral soit rédigé dans la plus grande clarté, car nous sommes habitués à des ambiguïtés dans nos constitutions et nos codes qui très souvent entrainent  des débats juridiques à n’en point finir. Vivement que la paix triomphe.

N’Dri Koffi

Lemediacitoyen.com

   

 

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