Grand-Bassam, crue de la lagune Ouladine, les riverains invités à la vigilance

La montée des eaux, une réalité à Grand-Bassam (DR)

      Une crue de la lagune Ouladine est constatée à Grand-Bassam, dans le Sud-Est ivoirien. Les autorités municipales invitent à la prudence.

 

       Le secteur du pont de la victoire au quartier France de Grand-Bassam est témoin d’une crue de la lagune Ouladine. Cette remontée d’eau peut être à risque pour les riverains. Dans un communiqué émanant de la cellule de communication de la mairie de Grand- Bassam, il est mentionné ceci : « Le maire de Grand-Bassam porte à la connaissance de l’ensemble des populations que la lagune Ouladine subit une crue suite aux dernières pluies dans les régions nord du pays. Face à cette remontée rapide des eaux qui peut s’avérer dangereuse, il est recommandé à tous une vigilance particulière, notamment la nuit tombée aux abords de la lagune et dans toutes les zones inondables ».

 Le Media Citoyen a contacté la cellule de communication de la mairie de Grand-Bassam pour une confirmation de l’information. « Nous confirmons cette information. Dans la période de septembre à octobre, nous assistons à ce phénomène. Il y a de fortes pluies dans la partie nord du pays et ces eaux descendent vers le sud du pays en l’occurrence la zone côtière. Ce n’est pas seulement Grand-Bassam mais c’est toute la zone côtière qui est concernée. Nous tenons ces informations de la Sodexam. Au niveau de la municipalité, des sensibilisations sont menées pour demander aux populations de libérer les installations en bordure de lagune. Vous pouvez vous référer au passage récemment du directeur de la météorologie nationale de la Société d’exploitation et de développement Aéroportuaire, Aéronautique et météorologique (Sodexam), sur les antennes de la RTI »,  a confié au téléphone Jaurès Amonchi de la cellule de communication de la mairie de Grand-Bassam.

          « Nous rentrons dans une petite saison de pluie, nous sommes en plein dans la petite saison de pluie qui devrait durer deux mois donc mi-octobre théoriquement car on note parfois des décalages. Actuellement, il pleut abondamment dans la zone nord. Nous avons de fort excèdent pluviométrique dans le nord », a déclaré Daouda Konaté, directeur de la météorologie nationale lors de son entretien « Le magazine du dimanche » de la RTI du 29 septembre 2019. Pour en savoir davantage sur ce phénomène, nous avons contacté le Professeur Ochou  Abé Delfin, coordonnateur du projet d’investissement pour la résilience des zones ouest africaines (WACA-RESIP). « Ce que je peux dire à mon niveau est que le phénomène est tout à fait possible. Les grands fleuves et certaines grandes rivières de la Côte d’Ivoire se jettent, soit directement à la mer, soit dans une lagune qui jouxte la mer. Ici, il s’agit du fleuve Comoé qui vient se frotter à la lagune Ebrié qui arrive à Grand-Bassam », explique-t-il.

Les riverains priés de faire attention (DR)

         Et d’ajouter « de ce fait, une variation à la hausse du débit du fleuve dans le temps va alimenter la lagune en eaux supplémentaires de sorte à augmenter son niveau. Le mois de septembre-octobre est la période de fort débit annuel de la Comoé. S’il se trouve que l’on a des pluies exceptionnelles dans cette période qui correspond à la grande saison des pluies dans le nord du pays et même au Burkina Faso où le fleuve Comoé prend naissance, ce dernier va alimenter les zones adjacentes et la lagune en eaux supplémentaires, ce qui peut provoquer dans certains cas des inondations. Je pense raisonnablement que c’est ce qui s’est passé avec la lagune Ouladine ».

       Selon lui,  le fleuve Comoé en fort débit, comme un barrage qui a cédé est certainement en cause dans les inondations causées. «  Le Professeur Djagoua Valère, spécialiste en gestion du littoral que j’ai contacté, me confirme cela. Le constat chaque année lorsque la Comoé est en crue. Il a été montré que le quartier France est une zone inondable et donc vulnérable. Tant que l’embouchure n’est pas ouverte, ce sera toujours comme cela », prévient-il.

   N’Dri Koffi

Lemediacitoyen.com

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