Liberté d’expression /Hubert Konan, Nathalie Yamb… Ce que dit le rapport 2019 d’Amnesty International

Levée d’embargo ce 8 avril 2020 sur le rapport 2019 d’Amnesty International sur la Côte d’Ivoire.

Le traitement réservé à des journalistes, à des Défenseurs des Droits Humains et à des militants politiques, passe au peigne fin. Extrait du texte au sujet de la liberté d’expression et de reunion. 

LIBERTÉ D’EXPRESSION

Cette année encore, des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s et des membres de l’opposition ont été arrêtés, détenus et expulsés arbitrairement en raison des opinions dissidentes qu’ils avaient exprimées.

Entre le 23 et le 31 décembre, au moins 17 membres de la famille et sympathisants de Guillaume Soro ont été arrêtés et détenus. Treize d’entre eux, dont cinq parlementaires, ont été inculpés de publication de fausses informations, de trouble à l’ordre public et d’atteinte à l’autorité de l’État, à la suite d’une conférence de presse qu’ils avaient tenue sur la redirection du vol de Guillaume Soro. Le frère de Guillaume Soro, Rigobert Soro, a été soumis à une disparition forcée pendant 12 jours, avant d’être déféré au parquet.

Nathalie Yamb, membre du parti d’opposition Liberté et démocratie pour la République (Lider), a été expulsée vers la Suisse le 2 décembre pour avoir pris part à des « activités incompatibles avec l’intérêt national ». Elle a été détenue 10 heures, n’a pas pu bénéficier de manière satisfaisante des services d’un avocat, ne s’est pas vu remettre d’avis d’expulsion et n’a pas pu récupérer ses documents administratifs ni ses médicaments. Elle a la double nationalité suisse et camerounaise.

Le journaliste Hubert Yao Konan a été arrêté par des gendarmes le 4 août, au lendemain d’une marche dont il était l’instigateur. Il s’agissait d’une manifestation organisée dans le village de N’Da Kouassikro (sous-préfecture de Djékanou) contre l’ouverture d’une mine d’or. Les gendarmes ont refusé de lui présenter un mandat et tenté de le menotter. Il aurait blessé l’un d’entre eux en résistant à l’arrestation. Il a été inculpé d’« incitation et trouble à l’ordre public » et de « coups et blessures volontaires sur gendarmes en fonction ». En décembre, il était toujours en détention à Bouaké.

Le 23 juillet, cinq membres de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire et un journaliste ont été arrêtés devant le siège de la Commission électorale indépendante avant une manifestation. Ils ont été interrogés sans la présence d’un avocat et libérés sans inculpation le lendemain.

Le 1er juillet, le militant Valentin Kouassi a été arrêté par la police et détenu dans un lieu inconnu, sans pouvoir consulter ses avocats, à la suite du rassemblement qu’il avait organisé le 23 juin à Adzopé, une ville située dans le sud du pays. Inculpé de trouble à l’ordre public, il a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Il s’est également vu interdire de participer à des rassemblements et d’exprimer ses opinions politiques en public et sur les réseaux sociaux.

Le 18 février, l’universitaire Joël Dadé et le professeur Kouassi Johnson, dirigeant de la Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC), ont été arrêtés à la suite d’une grève qui avait eu lieu en décembre 2018 à l’université Félix Houphouët-Boigny. Ils ont été inculpés de trouble à l’ordre public, violences et injures. Les poursuites intentées à leur encontre ont finalement été abandonnées, et les deux hommes ont été remis en liberté le 4 mars.

LIBERTÉ DE RÉUNION

Les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive pour disperser des manifestations pacifiques. Le 4 octobre, elles ont fait un mort et plusieurs blessés en ouvrant le feu sur des personnes qui protestaient à Djébonoua contre l’arrestation d’un opposant politique.

Source : Amnesty International Côte d’Ivoire

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Le titre et surtitre sont de la Rédaction

Lemediacitoyen.com

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