Reportage/Levée de menace, Abobodoumé, le soulagement des mareyeuses

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Ambiance bonne enfant dans l'après midi du 29 avril au débarcadère d'Abobodoumé. (LMC)

Les poissonnières d’Abobodoumé sont soulagées. La menace de déguerpissement qui pesait contre elles a été levée.  Lemediacitoyen.com est allé à leur rencontre.

 

Ambiance bonne enfant ce 29 avril   au débarcadère d’Abobodoumé. C’est l’après-midi.  Il n’y a pas grand monde. Mais la prise parait bonne. Les acheteuses se disputent de gros  poissons. On est loin de la tristesse d’il y a quelques mois. Une bonne nouvelle est rendue publique le 24 avril 2019 à la grande joie des mareyeuses d’Abobodoumé. Après des mois d’inquiétudes, elles viennent d’obtenir la levée de la menace de leur déguerpissement du débarcadère.  

« C’était difficile l’année passée et je pense que cette année par la grâce de Dieu ça va. Nous étions dans une situation délicate, nous étions là un matin et puis on vient nous dire que  nous devons quitter les lieux. On avait perdu l’espoir. Il y a des gens qui nous ont approchés, qui ont aidé. Nous remercions toutes les personnes qui nous ont aidés », salue Nahomie Sansan, présidente des femmes du marché d’Abobodoumé.

A l’époque, l’une des raisons évoquées pour le déguerpissement concernait la propriété des lieux. Toute chose qui reste encore à parfaire.

 « Avant quand les femmes partaient du site, ce n’était pas comme cela mais aujourd’hui, les gens arrivent sur le site, ils voient un changement. Nous voulons bien faire. Nous cherchons des sponsors qui viendront nous aider au niveau de la salubrité », plaide la présidente qui affaire prendre la pleine mesure de cette réalité. « Nous les femmes d’Abobodoumé, nous ne pouvons pas laisser un lieu où on vend la nourriture, sale. Nous ne pouvons pas laisser les saletés envahir le site », assure-t-elle.

 

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Le rôle des activistes

 

Comme on le voit, les mareyeuses par la voix de leur présidente ont le regard tourné vers l’avenir. Mais aussi le cœur plein de gratitude.  Interrogée par lemediacitoyen.com, la présidente tient à remercier les mouvements sociaux qui ont aidé à obtenir leur maintien sur le site.

Au nombre de ceux-ci, Novox Côte d’Ivoire, représentée par Yvonne Toba, la porte-parole.

 » Grâce à la lutte que nous avons mené avec d’autres mouvements sociaux tel que la Coalition des indignés, Cri du peuple et Jeunesse panafricaine auprès des mareyeuses et petits pêcheurs d’Abobodoumé, le marché villageois de pêche d’Abobodoumé ne sera plus détruit. Après plusieurs rencontres avec le préfet d’Abidjan pour la résolution du problème les mareyeuses d’Abobodoumé ont pu obtenir gain de cause.  Elles ne seront plus obligées de quitter leur lieu d’activité pour le débarcadère de Locodjro, les petits pêcheurs ne seront plus traqués par les affaires maritimes. Les deux sites (Abobodoumé et Locodjro) vont exister les mareyeuses pourront vendre sur le site de leurs choix. C’est une fierté pour nous d’avoir contribué à cette victoire », renchérit-elle.

C’est en janvier 2019 que  les pêcheurs artisanaux et les mareyeuses ont été informés du projet de destruction de leur lieu de travail. Ils devraient se déplacer du côté du débarcadère moderne Mohamed VI de Locodjro, fruit de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Maroc.

Au cours d’un dîner avec une vingtaine de journalistes ivoiriens le 21 décembre 2018, Abdelmakek Kettani, ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, répondant aux questions d’une journaliste sur le sujet, avait assuré que des mesures d’accompagnement sont prévues pour ces dernières, en intelligence avec le gouvernement ivoirien.

Pour les femmes et hommes d’Abobodoumé, il est hors de question d’abandonner un site de tradition, presqu’ancestrale. Désormais les sites d’Abobodoumé et de Locodjro existent concomitamment.

Nesmon De Laure

Lemediacitoyen.com

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