Retour en force Covid-19, un médecin et un sociologue interpellent

     Retour en force Covid-19. La covid-19 est toujours présente en Côte d’Ivoire avec des chiffres exponentiels ces dernières semaines. En effet, l’on assiste à une montée en puissance des cas positifs faisant craindre  une recrudescence de la pandémie en Côte d’Ivoire.  

    Ces dernières semaines, le pays enregistre une augmentation du nombre de cas positifs.  Ainsi, en comparant les nombres de cas sur trois périodes de 10 jours, l’on note respectivement 360, 1232, 2050 cas positifs. Soit, du 20 au 29 décembre.  Du 30 décembre au 08 Janvier et du 09 au 18 janvier.  Cela montre bien une nette progression .  

    Aussi, à la date du 22 janvier 2021, le pays connaît  26.315 cas confirmés dont 24.356 guéris et 143 décès. Qu’est-ce qui peut expliquer cette augmentation ?

    Lemediacitoyen.com a interrogé le docteur Guéi-Koré Cyrille. Il est docteur en médecine spécialiste en imagerie médicale et radiodiagnostic. Selon lui, « La recrudescence d’une pandémie est toujours une mauvaise chose pour les médecins. Ce n’est pas agréable de perdre des patients, des amis , des proches .» C’est une mauvaise chose également sur le plan économique et social. Si les cas deviennent exponentiels, il y aura fermeture de plusieurs activités rémunératrices. Les populations pourraient se retrouver dans la précarité, laisse t-il entendre. 

« Se faire dépister quand on est un cas contact » 

    Pour lui cette recrudescence s’explique par le fait qu’il y a une augmentation du nombre de tests. La négligence avec le temps, et le non respect des mesures barrières en sont également les causes. Néanmoins pour résorber cette situation,  il propose  de se faire dépister quand on est un cas contact. Lorsqu’on présente des signes, il faut se mettre en isolement, respecter les mesures barrières. En guise de conseils pratiques  aux populations qui semblent minimiser la maladie, il fait savoir que la maladie est belle et bien  réelle. Elle n’est certes pas mortelle pour tout le monde , mais une mort est une mort de trop si on peut l’éviter. « Il ne faut pas attendre d’être affecté pour y croire , il faut respecter les gestes barrières. Il faut se faire consulter si l’on a des symptômes de la maladie et surtout informer son entourage » suggère-t-il.

retour en force de Covid-19
Le centre d’accueil Covid-19 de Cocody (Abidjan)

      Pourquoi les populations rechignent à respecter les mesures barrières ? Que faut-il craindre avec le retour en force de la maladie à coronavirus en Côte d’Ivoire?  Fahiraman Rodrigue Koné est sociologue et Chercheur à l’African Security Sector Network.

 Interrogé, il indique que le défi majeur dans la sensibilisation de la Covid-19 reste Celui de la croyance même en la maladie. D’abord parce que la maladie est perçue par une majorité des gens comme venue de l’étranger. Elle est également vue comme issue d’un complot de l’occident contre les africains. Ce qui conforte les opinions en ce sens est que les données sur la maladie ne sont pas aussi mauvaise qu’en Europe.

 Intensifier la sensibilisation au respect des mesures barrières 

     « On ne voit pas les gens mourir aussi massivement comme ça pu être le cas avec Ebola en Sierra Leone, Liberia ou Guinée. Donc globalement il y a une sorte d’incrédulité soutenue par le manque supposé de preuves.» constate-t-il. «Deuxièmement, un autre élément qui nourrit ce rejet reste la croyance que cette maladie ne peut pas vraiment tuer les africains.» révèle-t-il. Ainsi, se basant sur le faible taux de létalité ces discours ont tendance à développer l’idée d’une immunité naturelle des africains face à la maladie.

      Aussi, l’hyper médiatisation de la question et la tentation de reproduction dans nos pays des modèles de lutte contre la maladie en Europe peut brouiller les priorités de la lutte ici. Sinon le risque de diffusion rapide de la maladie est bien réel du fait du non respect massif des geste barrières. «Là où on pourrait vraiment parler de risque c’est bien le fait que la maladie est plus létale pour les personnes atteintes de comorbidité telles le diabète, l’hypertension et autre maladie chronique. Si ces comorbidité sont élevées dans la population en CI, le risque potentiel serait bien donc réel.» prévient-t-il.

    Les chiffres liés à la contamination montent effectivement. « Si le nombre de cas graves grimpe en même temps, la capacité du système sanitaire ivoirien à prendre en charge ces cas risque de montrer ses limites.» avance-t-il et de s’interroger  « y’aurait-il suffisamment de lits, de personnel compétent et de médicaments pour prendre en charge l’afflux des malades ? » C’est la conséquence possible d’une propagation rapide du virus par faute de respect des geste barrières.

    Pour éviter le pire, il faut une prise de conscience de la population et une sensibilisation accrue des autorités sur le respect des gestes barrières. Les chiffres de ces derniers jours restent différents de ce qu’on voit en occident. Cependant ils n’en demeurent pas moins alarmants pour un système de santé fragile tel que celui de la Côte d’Ivoire.  

Délorès Pie 

Lemediacitoyen.com 

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