Covid et Solidarité : les oubliés des mesures sociales et économiques

     Covid et Solidarité. En avril 2020, le gouvernement ivoirien multipliait des actions de solidarité à l’endroit des populations vulnérables et des Petites et moyennes entreprises (PME). Soit 20 milliards FCFA décaissés pour les populations vulnérables, et 200 milliards FCFA pour les PME. Ce, à cause de la maladie à coronavirus qui a impacté de nombreux secteurs d’activités.

      Une série de bienfaisances moins profitables pour certains travailleurs indépendants. En témoigne les propos de Sékongo Solo, cordonnier installé à Abobo Dokui (dans le Nord d’Abidjan).

        « J’ai dû acheter les éléments de protection dont les cache-nez, gèle mains… pendant que la clientèle avait considérablement diminué. Déjà que c’était très difficile de joindre les deux bouts », s’en plaint-il. Il espère que son domaine d’activité soit compté dans les actions prochaines. « Qu’ils pensent aux artisans. Nous faisons aussi partie de ce pays ; nous avons aussi des difficultés à notre niveau », souhaite-t-il.

       De son côté, Sandrine Ochou, fondatrice de ‘’Ose TV’’, une télévision en ligne affirme avoir été en marge des subventions, bien que le secteur des médias et des PME aient reçu des subventions. Motif : « N’étant pas déclarée à l’ANP(Autorité Nationale de la Presse), je n’ai pu bénéficier des avantages des patrons de presse.

       Cela ne m’incombe pas puisque le domaine que j’ai choisi n’a pas de législation à la HACA(Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle).  Du côté des entrepreneurs aussi la procédure était difficile. J’ai suivi toutes les étapes jusqu’à la 3ème ou 4ème avant d’abandonner. Il fallait remplir 3, 4 à 5 questionnaires de près de 40 questions. C’était ahurissant », s’en souvient-elle.

        Pour la survie de sa Pme, Sandrine a dû se débarrasser de la plus grande partie de son personnel. « J’avais une petite équipe à gérer au quotidien et mensuellement. Des marchés étant suspendus, je ne pouvais pas gérer en même temps le personnel et les charges fixes », fait-elle savoir.

        Pour améliorer les choses, la première responsable de ‘’Ose TV’’pense que l’Etat devrait vraiment se pencher sur la situation des entrepreneurs et réorganiser la procédure d’acquisition des fonds. « On ne peut pas demander à des entreprises légalement constituées de venir se faire recenser comme si elles n’étaient pas en entreprise.

      CLa base de données est là. Ils connaissaient les entreprises qui remplissent les conditions ils n’ont plus besoin de demander toutes ces paperasses. Ils n’ont qu’à utiliser le répertoire qui permettra de connaître les entreprises à jour aux impôts et leur catégorie… ». Préconise-t-elle.

      Si le gouvernement ivoirien a déclenché cette chaine de solidarité, c’est bien parce que la crise sanitaire a affaibli les revenus de tous. Alors que ladite crise ressurgit dans certains pays, d’où le renforcement des mesures barrières, le gouvernement devrait mettre en œuvre des efforts supplémentaires pour que ces actions profitent à tous comme le souhaitent Sandrine et Sekongo.

Marina Kouakou

Lemediacitoyen.com

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