Fondation Djigui / 20 ans après 1260 orphelins pris en charge

La fondation Djigui la grande espérance a, ce mardi 8 février 2022 célébré ses 20 années d’existence au service des populations vulnérables et des communautés à l’espace CRAE UEMOA sis au plateau. A cette occasion festive, le fondateur de la fondation l’Imam Cissé Djiguiba est revenu sur ses motivations de création, avant de faire le point des avancées et des défis à relever.

« C’est en prenant part à une conférence sur les Mutilations Génitales Féminines (MGF) organisée par l’Association ivoirienne des droits des enfants et des femmes que j’ai mesuré l’ampleur des souffrances de nos mères, nos sœurs, et nos filles face aux drames projetés. De retour de la conférence sur le VIH sida organisée à Dakar sur la contribution des leaders religieux, l’idée m’est venue de mettre en place une structure qui m’a été suggérée par un ami. Elle a pris forme avec la création de la fondation Djigui la grande espérance le 4 décembre 2001», a-t-il rappelé.

Ainsi, la fondation s’est donnée pour mission de servir et d’assister les populations vulnérables, les communautés autour de la foi, de la solidarité et du développement dans le respect et la promotion de la dignité humaine. Elle s’est structurée en département programme pour mieux adresser les questions et problématique en lien avec la santé, le VIH, les violences basées sur le genre, la protection des couches vulnérables, l’éducation, la famille, la prévention, la promotion de la paix, la solidarité, et la cohésion sociale.

Aujourd’hui, elle a à son actif un siège fonctionnel situé à Marcory avec 7 bureaux régionaux constitués d’un personnel jeune composé de 28 bénévoles en permanence et de 128 agents communautaires repartis sur l’ensemble des zones d’interventions.

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Selon le guide religieux, l’organisation peut être aujourd’hui fière des acquis essentiels qui sont notamment, « la participation de la fondation au plaidoyer de haut niveau auprès des Nations Unies, qui a abouti à l’adoption de la résolution A-RES-67-146 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les MGF. La prise en charge de 1260 orphelins. La participation citoyenne à l’organisation de l’élection présidentielle d’octobre 2020 avec le déploiement de 1052 observateurs dans 180 localités pour 5108 bureaux de votes. Les renforcements de capacités de plus de 300 guides religieux et chefs coutumiers en matière de santé, de protection et de lutte contre toutes formes de violences. La mise à la disposition des acteurs et de la communauté musulmane de la charte des droits, des devoirs de l’enfant contextualisée en Côte d’Ivoire. La mise à la disposition des populations surtout des jeunes, d’un ouvrage de sensibilisation sur l’excision. Le renforcement du plateau technique de l’hôpital d’Odienné à travers des dons de matériels médicaux… ».

Ces résultats, a-t-il indiqué « ont été possibles grâce à l’appui technique et financier des partenaires. Merci à toutes et à tous pour votre confiance. Ce tableau dressé nous permet de constater qu’un long chemin a été parcouru. Il rappelle aussi que beaucoup reste à faire au regard des nombreux défis à relever notamment, continuer la réduction de la prévalence actuelle (36, 7%) de la pratique de l’excision à 20% d’ici 2026. Le maintien des filles dans le système éducatif, la garantie de la prise en charge des 660 orphelins encore dans notre base. La prise en charge médicale des survivantes de MGF et de toutes autres victimes de violence du fait du genre. La contribution à l’accès à une existence légale aux enfants non déclarés à la naissance avec des actes ou jugements supplétifs. La vulgarisation de la charte auprès des populations pour un comportement positif… ».

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Représentant le Ministre de la Femme de la Famille et de l’Enfant M. Diarrasouba a lors de son intervention transmis les félicitations de Mme Nassénéba Touré, et ses encouragements au Président de la fondation Djigui, ainsi qu’à toute son équipe pour les efforts sans relâche pendant ces 20 dernières années.

« A travers vos actions les femmes meurtries ont retrouvé leur dignité, un peu de sourire et de la joie de vivre. Vous avez fait de l’abandon total des MGF votre cheval de batail. Ce sont des milliers de filles et de femmes marquées, parfois handicapées à vie au nom des traditions d’un autre temps et normes sociale qui violent leur intégrité. Malgré les tentatives d’élimination, les MGF sont toujours pratiquées. Nous ne pouvons-nous permettre de nous taire et de perdre la bataille contre la violence et les abus. Nous devons aller au-delà des statistiques et des mots», a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : « il n’est pas acceptable que certaines femmes et jeunes filles soient confrontées à une telle dureté dans leur vie quotidienne. Cette célébration, au-delà de l’aspect festif est une occasion d’attirer notre attention afin que nous soyons tous sensibilisés à la détresse de nos sœurs, et filles afin d’y mettre fin. Nous sommes confiants et optimistes car de plus en plus d’hommes, jeunes et responsables communautaires sont pour l’abandon de ces actes ».

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Dans la même veine, Mme Cissé a, au nom de la Première dame, Dominique Ouattara, par ailleurs Marraine de la cérémonie aussi fait cas de l’efficacité du travail abattu par la fondation.

« Que d’actions menées, que d’initiatives proposées, que de projets présentés et réalisés. Votre fondation participe à la mission d’aboutir à une société où les hommes et les femmes, les garçons et les filles vivent dans un environnement de paix, en santé, et en sécurité.

Le programme qui concerne la santé, la protection de la femme et de l’enfant, l’éducation et la formation comme axes majeurs de vos activités rejoint en tout point le programme de la fondation Children of Africa. Il n’y a pas de hasard. Félicitation à toute l’équipe pour avoir hissé cette organisation parmi celles qui comptent aujourd’hui en Côte d’Ivoire », a-t-elle souligné.

Le Directeur exécutif de la fondation Coulibaly Sibiki en a également profité pour dresser le bilan de ces 20 dernières années, avant de faire la projection sur les cinq années à venir.

 

Marina Kouakou

Lemediacitoyen.com

 

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