crise du « DRV » dans le secteur cacao , une attitude capitaliste et anti sociale des puissants chocolatiers , selon JVE

Crise du « DRV dans le secteur cacao , une attitude capitaliste et anti sociale des puissants chocolatiers , selon JVE. L’intégralité de leur communiqué.

Déclaration de JVE-Cote d’Ivoire dans la crise du « DRV » qui oppose les structures de gestion du cacao de Côte d’Ivoire et du Ghana aux chocolatiers.

Nous ONG JVE-Cote d’Ivoire, assistons depuis quelques temps à une crise du « DRV » entre des chocolatiers et la Cote d’Ivoire et le Ghana.

Les faits :

Après plusieurs négociations entre les chocolatiers et les pays producteurs de cacao, il a été décidé de garantir un prix minimum vital aux agriculteurs du Ghana et de la Côte d’Ivoire qui produisent environ 75 % des fèves mondiales.

Ce prix qui est composé de trois éléments dont le Différentiel de Revenu Vital (DRV) fait l’objet aujourd’hui de débats et de mésententes.

En effet, selon nos informations, le chocolatier américain Hershey a décidé unilatéralement d’acheter les fèves de cacao à la bourse de New York, évitant ainsi le paiement du DRV de 400 dollars.

Cette décision de Hershey qui a pour conséquence de se détourner de l’engagement pris par l’ensemble des acheteurs des fèves de cacao est aujourd’hui à la base de la crise.

Outre cet élément, les multinationales réunies au sein du Groupement des exportateurs (GEPEX) demandent une réduction des prix à eux appliqués par le gouvernement, en raison du ralentissement de la demande dû au Covid-19. Dans les faits, elles exigent que le Conseil Café-Cacao et le COCOBOARD réduisent la prime relative à la qualité des fèves de 20 à 50 livres sterling sur la tonne contre une prime actuellement exigible de 70 à 100 livres sterling.

Naturellement, cette demande n’est pas du goût des deux pays producteurs qui estiment que les chocolatiers essaient de se soustraire de leurs engagements déjà pris.

Notre analyse :

Nous JVE-Cote d’Ivoire, nous étonnons de cette démarche capitaliste et anti-sociale de ces puissants chocolatiers qui malgré la covid19 continuent de se faire des bénéfices pendant que les agriculteurs de ces deux pays triment.

L’argument utilisé pour se dérober de leur engagement est tout aussi injustifié que ces multinationales ont toujours réalisé d’énormes bénéfices malgré la pandémie de covid19. Par exemple sur les 100 milliards de dollars que représentent le marché mondial du chocolat, seuls 6 milliards reviennent aux agriculteurs.

Aussi, nous sommes sidérés par cette volonté de vouloir diminuer les prix d’achat sur le marché international, ce qui sera bien évidement une catastrophe pour les agriculteurs qui vivent déjà dans la précarité.

Tous ces éléments nous amènent à avoir la position suivante :

Notre position :

Au regard de ce qui précède, et tenant compte des droits humains et de la lutte pour la justice sociale, nous JVE-Cote d’Ivoire, apportons notre soutien à l’ensemble des agriculteurs des deux pays en conflit avec ces chocolatiers.

Nous exigeons également le versement des DRV, comme cela a été décidé de commun accord depuis plusieurs mois.

Nous, JVE-Cote d’Ivoire rappelons également à ces chocolatiers leur responsabilité dans la protection de la forêt et cela passe par un prix d’achat « digne de l’effort de l’agriculteur. »

Nous demandons aux pays importateurs du cacao et aux chocolatiers de respecter leur engagement pour la durabilité de ce secteur et cela passe par un prix décent payé aux agriculteurs.

Enfin, nous demandons aux gouvernements des deux Etats, la Côte d’Ivoire et le Ghana, de faire mains et pieds afin de régler ce différend sciemment créé par ces chocolatiers.

La question du bien-être social des planteurs sera à l’ordre du jour de prochaines tournées que notre Organisation conduira.

Fait à Abidjan, le 10 décembre 2020

JVE-Cote d’Ivoire

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