Les logos des partis politiques , un front à surveiller à 5 mois de la présidentielle

    La bataille autour des logos des partis politiques pourrait impacter le processus politique. Cela à 5 mois de la présidentielle de 2020 . Petite réflexion autour de la crise sournoise d’identité des partis politiques. 

    Comme un air de déjà vu avec la crise du logo du FPI. Une autre polémique  peut refaire surface. C’est celle des logos. Et cette fois, pas qu’au FPI. 

    En effet, les logos sont une marque de l’identité visuelle des partis politiques. Ils permettent de se démarquer pendant les campagnes, le vote, la confection des bulletins de vote.

       Et l’opinion se souvient de la rude bataille juridique au FPI pour le contrôle du logo du parti. 

    Aujourd’hui, le Rhdp, se retrouve avec un logo formé d’un ensemble de symboles dont ceux de formations politiques ayant déclaré ne  plus en faire partie. C’est le cas du PDCI qui a saisi les juridictions nationales et internationales à l’effet de retirer son logo de celui du RHDP.

     Mais des cadres du parti au pouvoir ne l’entendent pas de cette oreille. « De quel droit certains pensent que le logo du PDCI leur appartient ? Nous sommes nombreux au RHDP qui sommes issus du PDCI-RDA. De quel droit, eux le PDCI peuvent-ils utiliser le logo du PDCI, et nous, pas ? Personne n’enlèvera le logo du PDCI au RHDP »,  a tranché le ministre Amédée Kouakou,  le 26 novembre 2019 au siège provisoire du Rhdp. Alors question, Lorsque Djéni Kobenan a claqué la porte du PDCI pour aller créer le RDR, a-t-il dit « Personne n’enlèvera le logo du PDCI au RDR ? ».

     Et de même, lorsque Laurent Dona Fologo, fervent militant du PDCI, est allé créer le RPP, a-t-il réclamé à cor et à cri le logo du PDCI ? 

    D’ailleurs, l’affaire du logo du PDCI est pendante devant les tribunaux ivoiriens et n’a pas encore connu son épilogue. Au-delà du PDCI, ce sont les logos des partis comme le MFA, l’UPCI, qui demeurent affichés sur le symbole  du Rhdp. Cela, malgré les déclarations de retrait des responsables de ces différentes formations politiques .

    Cette guéguerre de logos entre ex-alliés tire son origine du congrès du 26 janvier 2019. Car nous avons assisté à tout un folklore autour de la création du parti unifié, sans véritable dissolution des partis fondateurs. Pour certains, à savoir le ministre de l’Equipement routier, Amédée Kouakou : « Après le 26 janvier 2019, aucun parti membre du Rhdp ne devrait mener des activités en son nom, tout se fait au sein du nouveau parti politique. A partir du 26 janvier, les autres cartes de militants que vous aviez en 2018, du Rdr, de l’Udpci, du Pdci etc. viennent à expiration ».

    Mais pour d’autres cela n’était pas le cas, en témoigne la tenue d’une réunion de la direction de l’Udpci le 2 mai 2020, dont le communiqué final a été relayé dans les médias. Ces actes du MFA cités plus haut et ceux de l’Udpci démontrent qu’à la vérité, aucun parti n’a disparu pour faire place au Rhdp. Chacun a gardé son logo et son identité. Si le 26 janvier 2019, un vote clair sur la dissolution des différents partis et la création d’un nouveau parti avait été fait, aujourd’hui, nous n’allions pas assister à ce jeu de dupes.

    En France, face à des affaires judiciaires et des dissensions internes auxquelles elle faisait face, la direction de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a décidé de doter le parti d’un nouveau nom et de nouveaux statuts. Par un vote, les militants de l’UMP ont approuvé à 83,28 % le nouveau nom du parti à savoir Les Républicains (LR). 

       Et la vie a tout simplement continué sur les bords de la Seine sans chansonnette du tabouret. A un moment donné, nos leaders politiques doivent être responsables et non faire la politique du flou.

       Si le président de l’Udpci, Albert Mabri Toikeusse se portait candidat à la présidentielle, il aura peut-être du mal à retirer son logo du Rhdp. En tout cas, vu la place réservée à son rival Albert Flindé. Toute cette théâtralisation de la mise en place du parti unifié Rhdp, ne démontre pas de cohérence. 

   Les postes ministériels sont un appât de fragmentation de certains partis. Et le but semble être le contrôle du logo. Nous avons le MFA d’Anaky Kobenan, le MFA d’Azoumana Moutayé et le MFA de Siaka Ouattara, actuel secrétaire d’Etat chargé du service civique. Le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) version  Daniel Aka Ahizi et le PIT  Joseph Séka Séka, actuel ministre de l’Environnement et du développement durable.

    La classe politique ivoirienne ne renvoie pas d’image positive au peuple mais plutôt une politique du « poste », pour se nourrir des durs labeurs des planteurs, des artisans, des femmes du vivier, de l’argent du contribuable. Dans notre prochaine petite réflexion, nous parlerons du PDCI.   

N’Dri Koffi  

Lemediacitoyen.com

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