Prévention de la violence, les propositions de trois experts de la société civile

Dr Christophe Kouamé, N'Guessan Sylvain et N'Dri Aimé Akpakou ont émis des plaidoyers dans le sens de la cohésion (LMC)

Trois acteurs de la société civile ont échangé sur la prévention de la violence au cours d’un panel organisé par l’Observatoire Ivoirien des droits de l’homme ( OIDH)   ce mardi 27 juin 2019 à Abidjan-Cocody.

Un panel a réuni trois spécialistes de la société civile en marge  du lancement de  la phase 2 du projet intitulé  » Prévention de la violence à travers la mémoire, le dialogue et l’éducation en côte d’Ivoire ». Il s’agit d’une initiative de l’Observatoire Ivoirien des droits de l’homme ( OIDH).    

 Dr Christophe Kouamé président de l’Ong CIVIS premier intervenant sur « la prévention de la violence en côte d’Ivoire, enjeux et défis  » a défini son argumentaire sur trois axes.  Il s’agit du contexte de la violence, des enjeux et enfin, des défis pour la prévention de la violence.

 En ce qui concerne le premier axe, Dr Christophe Kouamé a présenté la violence comme polysémique.  Aussi, convient-il, selon lui,  de retenir la définition juridique à savoir “qu’elle peut être corporelle ou pénale”. En ce qui concerne les enjeux, “nous devons retenir que si nous arrivons à bout de la violence, nous aurons la paix qui est source de prospérité”, précise le panéliste.

 Concernant les défis, il suggère une éducation des populations à la citoyenneté. Par exemple privilégier les recours auprès d’institutions compétentes en matière de litiges électoraux plutôt que la voie de la violence. Dr Kouamé a terminé son propos par un plaidoyer à savoir: “ instaurer une commission d’éducation civique comme ce fut le cas au Ghana où les résultats de cette commission en matière de cohésion sociale sont bien visibles encore aujourd’hui”. Car selon lui, il est important de mettre à jour le contrat social pour que la cohésion règne.

Intervenant sur la deuxième sous thématique  » la recomposition de la classe politique ivoirienne », N’Guessan Sylvain directeur de  l’Institut de stratégie politique a identifié trois  facteurs qui pourraient conduire à la recomposition du climat politique.  “Il peut s’agir de facteurs extérieurs, d’ événements sous régionaux ou de dynamiques locales”. En ce qui concerne les facteurs extérieurs, il a cité, entre autres, l’ONU, la France ancienne puissance colonial et l’UE .

Pour ce second panéliste,  les événements sous régionaux tels l’avènement du terrorisme ( Burkina Faso, Mali) créent une incidence de la question sécuritaire sur la classe politique ivoirienne. Il a ajouté enfin les dynamiques locales, telle la société civile ivoirienne, qui peuvent contribuer à la recomposition du climat politique en côte d’Ivoire.

Il a par ailleurs regretté qu’ en Côte d’Ivoire, l’opinion n’arrive  pas à structurer  la pensée politique. “Nous réfléchissons en recourant systématiquement aux idiomes communautaires (région, religion, ethnie) ce qui pourrait mettre à mal la cohesion”. De même les attaques terroristes dans la sous région pourraient susciter un flux migratoire dans la région Nord du pays, la violence pourrait ainsi croître selon lui.

N’Dri Aimé Akpakou, consultant, expert en gestion de projet a quant à lui, présenté des « outils pour la participation des femmes et des jeunes à la prévention de la violence notamment les résolutions 1325 et 2250 le l’ONU »

Il indique que ,<<la résolution 1325 votée en 2000 dans un  contexte de guerre au Liberia est la première qui concerne les femmes en période de conflits. Elle met l’accent sur l’impact disproportionné des conflits sur les femmes, reconnais que les contributions faites par ces dernières en matière de conflits sont sous évaluées, et vise à lutter contre les inégalités fondées sur le genre. Elle propose à cet effet, 3 piliers en terme d’intervention à savoir, la prévention, la participation et la protection. Fort de ces insuffisances reconnues d’autres résolutions sont venues la renforcer, Notamment la résolution 2250. Celle ci utilise les mêmes termes que la 1325 seulement qu’elle concerne que les jeunes, elle souligne donc leur rôle crucial dans la résolution des conflits et engage les états à se rapprocher des communautés locales.>> 

Ce panel a vu l’interaction du public, soucieux d’un climat apaisé dans le pays.

 Delorès Nesmon Pie

Lemediacitoyen.com

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