Réforme constitutionnelle d’ADO, du copinage politique

Une petite réflexion sur les réformes constitutionnelles initiées par le président de la République, Alassane Ouattara, et l’élection présidentielle.

Tout d’abord, la réforme concernant le poste de vice-Président. Dans le projet de loi portant révision de la constitution adopté en conseil des ministres, il est fait mention de ceci : « En effet, il est proposé à travers la modification de l’article 55, que le vice-Président de la République soit nommé avec l’accord du Parlement ».

De plus, dans ce même projet de loi, la formule de prestation de serment du vice-Président de la République change et devient : « Article 79 nouveau, avant son entrée en fonction, le vice-Président de la République conformément à l’article 55 prête serment devant le Conseil constitutionnel, réuni en audience solennelle et en présence du président de la République. La formule du serment est : Je jure solennellement sur l’honneur de respecter la Constitution, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de ses obligations avec loyauté à l’égard du président de la République. Que le président de la République me retire sa confiance si je trahis mon serment ».

L’article 177 de notre Constitution permet certes au président de la République d’entreprendre une révision constitutionnelle mais cela ne doit être une occasion de faire abstraction du peuple qui est le vrai détenteur du pouvoir. Nommer désormais un vice-Président de la République est-il plus urgent que d’aller à un consensus véritable pour une élection juste et transparente ? Cette réforme urge plus que les questions sociales ou la cohésion sociale ?

Le ticket électif président et vice-président  ne sera  véritablement expérimenté qu’après l’élection de 2020 ? Le peuple a-t-il décrié cette paire présidentielle d’un ticket sur une même liste électoral auparavant par des marches, des déclarations de la société civile, ou par des interpellations des forces vives de la Nation ? Je dis NON. Nommer un vice-président selon moi c’est faire preuve de copinage politique. Ce vice-Président n’a pas l’onction du peuple pour être aux côtés de celui qui a été élu dans la conduite de l’exécutif.

Et comme on le lit dans les termes de la prestation de serment « Que le président de la République me retire sa confiance si je trahis mon serment », donc il ne doit que sa survie qu’au président. Dans ce cas précis, il ne travaille pas pour l’intérêt du peuple mais de celui qui l’a mandaté. Comme toujours, dans notre pays, nos dirigeants ne s’attaquent pas aux vrais problèmes, mais aiment semer l’imbroglio dans notre Constitution. J’aurais souhaité que nous demeurions pour le ticket et supprimions le poste de Premier ministre, en conférant ses attributions au vice-Président. Cela permettrait de faire des économies.

Car si ce projet est voté, nous aurons deux personnalités nommées à savoir le Premier ministre et  le vice-Président, pour être au service du président de la République. Bref, que peut-on attendre d’un Parlement qui nous a habitué à adopter les projets de loi du gouvernement, comme des courriers à la poste, sans des amendements et réflexions pertinents ?

Pour l’élection présidentielle, nous sommes à 7 mois, personne ne parle de programme de société. Aucun candidat n’a encore communiqué sur son offre politique. Nous devrions être en ce moment en train de suivre les débats entre les différents candidats, à savoir programme contre programme. Mais, ces politiciens n’ont aucun respect pour le peuple qu’ils prétendent diriger demain. Ils joueront la fibre ethnique et tribale.

Dans la Constitution, on devrait mentionner obligatoirement une période pour connaitre les programmes de société et ouvrir les débats contradictoires. En plus de financer les partis politiques, il faut financer la société civile pour former les populations à comprendre la politique et les programmes de société des candidats.

N’Dri Koffi

Lemediacioyen.com     

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