Focus/ FPI,   la  révolte  AFFI

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Affi Nguessan choisit le conflit ouvert avec Laurent Gbagbo (DR)
Affi Nguessan choisit le conflit ouvert avec Laurent Gbagbo (DR)

Conscient que la bataille interne se menait entre lui et Laurent Gbagbo, Affi N’Guessan a voulu ruser en laissant croire longtemps à une crise qui n’impliquait pas son ex mentor. Peut-être espérait-il une conciliation en sa faveur ? A l’analyse sa nouvelle posture frontale vise un nouveau positionnement dans sa quête de gouvernance.

Affi N’Guessan s’affranchit finalement de l’image de Laurent Gbagbo. Il n’aura plus à feindre pendant ses rassemblements politiques en évoquant l’ex détenu préventif de la Haye comme référent politique. Il n’apposera plus sa photo auprès de celle de Gbagbo. Cette démarche, il l’avait longtemps voulue en secret. Dans les coulisses de l’organisation de la convention du parti en février 2014 des cadres  opposés à la volonté de « tourner la page Gbagbo », avaient alors contourné les  « manœuvres. » De bonnes sources, il s’agissait pour Affi Nguessan d’apparaitre tout seul sur les visuels. Le choix de Bongouanou pour la fête de la liberté en avril 2014 répondait à ce même ordre d’idée. Se positionner comme alternative pour la reconquête du pouvoir.

C’était les prémisses de la crise ouverte. Jusqu’à ce que se pose la question de la CEI. Contre le gré des militants ayant voté contre, Affi a maintenu un représentant à la CEI et a participé à la présidentielle de 2015 majoritairement boycotté par l’opposition.

Il est soupçonné d’être à la base de l’emprisonnement de ses camarades du parti, en l’occurrence Assoa Adou, Hubert Oulaye, Danon Djedje (président du congrès de Mama), Koua Justin, Dahi Nestor  et Cissé Mariam.  Ces derniers ont pour point commun l’organisation du congrès de Mama qui a fait de Gbagbo un président légitime du parti, contesté par la justice.

Au FPI resté fidèle à Laurent Gbagbo, on s’explique mal la coïncidence des courriers de mises en garde formulés en 2015 par Amani Nguessan et Affi N’Guessan lui-même, qui ont précédé l’arrestation des militants précités.

Rappel du contexte 

 Assoa Adou alors  président de la Coordination du FPI en exil est au départ de la crise interne proche de la position  Affi N’Guessan. Le président du FPI était régulièrement mis en minorité aux réunions du parti. A l’approche du congrès, Gbagbo  demande à Assoa Adou d’être son directeur de campagne. De son côté, pour se renforcer, Affi demande au pouvoir de faciliter le retour des exilés. Selon les textes du parti, le congrès ne peut se tenir sans la présence du comité de contrôle dirigé par Hubert Oulaye.

Rentrés d’exil après une facilitation d’Affi N’Guessan, Hubert Oulaye valide la candidature de Laurent Gbagbo alors qu’Affi la conteste. Assoa Adou se présente comme le directeur de campagne du pensionnaire de la Haye.

 Cet affront en est de trop pour Affi N’Guessan. Dans une déclaration, il se dresse contre l’annonce du congrès de Mama et rappelle qu’un  mandat d’arrêt  existe contre Assoa  Adou.  La semaine  suivante Assoa Adou  est arrêté pour officiellement des charges en lien avec la crise.

Affi  écrit une lettre adressée à Hubert Oulaye,  président du comité de contrôle pour le mettre en garde de ce qu’il adviendra avec la validation du «  faux »avec ampliation au procureur de la République et autres autorités étatiques.  Par faux, il faut entendre que Affi a toujours récusé que cette candidature émane de Laurent Gbagbo lui-même.

 Amani Nguessan envoie  lui aussi une lettre au ministre de l’intérieur pour demander à l’Etat de prendre ses responsabilités.  Ainsi, en mai 2015, deux jours après Mama,  les militants listés plus haut  sont arrêtés. Aboudrahamane  Sangare resté fidèle à Laurent Gbagbo  estime clairement que l’arrestation est le fait d’AffI. Les militants se réclamant Gbagbo ou Rien ne pardonnent pas à AFFi , eux qui le soupçonnent fortement d’avoir conduit des camarades en prison.

En privé, des cadres pro Affi reconnaissent que la crise interne oppose leur mentor à Laurent Gbagbo.  Ce n’est donc pas une crise nouvelle.

La conférence de presse animée par Affi N’Guessan après le rendez-vous manqué de Bruxelles montre qu’il a choisi une nouvelle posture. Celle d’affronter directement Laurent Gbagbo sans trouver pour bouc émissaire, ses lieutenants. Car en réalité, cette révolte n’est pas nouvelle. Elle existe depuis 2015 avec pour point crucial le congrès de Mama. Affi ne reconnait pas ce congrès hier, et ne compte pas le reconnaître aujourd’hui.  D’où le refus de la déclaration , préalable à la rencontre ,  comme il l’explique dans son communiqué.

Justice Vero,

Lemediacitoyen.com

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