LIBRE OPINION/ Annoncées en mars 2019, fonctionnaires et travailleurs, des clés pour cerner les élections professionnelles

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Les centrales élues bénéficieront de financements de l'Etat, l'enjeu est donc de taille .

A l’instar des pays africains comme le Sénégal, le Bénin, le Cameroun et la RDC, le  gouvernement ivoirien s’apprête à organiser des élections professionnelles dans le mois de Mars 2019. Objectif: connaître les organisations syndicales représentatives des travailleurs de Côte d’Ivoire qui devront être ses interlocuteurs dans le cadre du dialogue social permanent.

 Plusieurs groupements syndicaux ont candidaté. Cinq ont été retenus. Il s’agit des centrales syndicales traditionnelles qui ont « deux pieds », un dans le secteur public et l’autre dans le secteur privé: UGTCI, FESACI, DIGNITÉ, UNATRCI et HUMANISME. Ces centrales syndicales sont connues. Ce sont elles qui ont toujours eu droit au crachoir lors des cérémonies commémoratives de la fête du travail du 1er Mai organisée par le Gouvernement pour parler au nom des travailleurs.

 A ces quatre centrales syndicales, il faut ajouter la Plate-Forme des Organisations Professionnelles de Côte d’Ivoire du syndicaliste Théodore Gnagna Zadi. Cette organisation du secteur public regroupant des syndicats de fonctionnaires a été connue du grand public lors de l’historique grève des fonctionnaires de Côte d’Ivoire qui a eu lieu en Janvier 2017 et qui a abouti à la signature de deux protocoles d’accord dont l’un portant trêve sociale en Août 2017 avec le Gouvernement. D’autres groupements syndicaux comme l’Intersyndicale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire (IFCI) dont le leader est Jean-Yves Abonga Koutouan et Force Ouvrière pour ne citer que ces deux organisations ont été éliminées de la course pour des raisons que seul le Comité électoral logé au sein du ministère de la fonction publique peut mieux expliquer.

Parmi les 5 groupements syndicaux candidats, le Gouvernement retiendra les quatre premiers qui auront obtenu au moins 10% de l’électorat. L’enjeu de taille est que ces quatre premiers groupements syndicaux bénéficieront du financement de l’Etat de Côte d’Ivoire comme cela se fait déjà pour les partis politiques depuis quelques années. Il se raconte que les centrales syndicales traditionnelles bénéficieraient déjà de financement mais cela ne serait pas dans un cadre institutionnel. Chaque année chacune d’elle recevrait au moins 100 millions pour son fonctionnement et l’organisation des festivités de la fête du 1er Mai. Mais silence radio sur cette « générosité  » du Gouvernement envers ceux qui troublent souvent son sommeil par des mouvements de grève. Comment cette manne financière est gérée? L’Etat contrôle-t-il sa gestion? Ces questions restent posées.

Depuis la semaine dernière, les campagnes ont débuté. Plusieurs délégations des groupements syndicaux candidats sillonnent déjà les villes de l’intérieur du pays pour convaincre les travailleurs. Il faut signaler que cette campagne est soutenue financièrement par l’Etat de Côte d’Ivoire. Le montant du soutien n’est pas officiel. Le hic dans tout cela est que ces élections professionnelles vont se dérouler dans un contexte de crise sociale. En effet, des Organisations syndicales comme l’ISEPPCI au primaire, la COSEFCI au secondaire , la CNEC au supérieur dont deux dirigeants ont été incarcérés cette semaine à la MACA déclenchant l’ire de tout le macrocosme syndical ivoirien, ont lancé des mots d’ordre de grève qui sont loin d’avoir eu satisfaction. Les négociations entamées par le Ministère de l’éducation nationale ressemblent à un simulacre de dialogue pour ne pas dire un dialogue de sourds. La pression est maintenue par les grévistes et le bout du tunnel reste loin.

Dans ce contexte difficile, quel avenir pour les futures élections professionnelles ? Une source administrative nous apprend que le Chef de l’Etat souhaite avoir les résultats desdites élections avant la célébration de la fête du travail du 1er Mai 2019. Les travailleurs de Côte d’Ivoire s’investiront-ils réellement dans ces élections professionnelles censées désigner les organisations syndicales qui les représentent réellement ? Les semaines à venir nous situeront.

Une contribution de Koné Dakoury Flavien

Lemediacitoyen.com

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