Université Félix Houphouët Boigny, le CODEC, le nouveau syndicat qui  bouscule la CNEC

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Université Félix Houphouët Boigny, le CODEC, le nouveau syndicat qui  bouscule la CNEC
Un nouveau syndicat d'enseignants voit le jour à l'université (DR)

Une bonne partie des enseignants-chercheurs et les chercheurs de l’Université Félix Houphouët Boigny  ne se reconnaissent plus dans la Coordination Nationale des Enseignants et Chercheurs(CNEC). Ils viennent de créer une nouvelle formation : le Collectif des Enseignants-chercheurs et chercheurs  de l’Ufhb (CODEC). En prime des revendications corporatistes.

Une déclaration collée depuis le 20 décembre 2018 sur tous les tableaux d’affichage de l’Université, le Collectif des Enseignants-chercheurs et chercheurs  de l’Ufhb (CODEC) exige le paiement intégral des heures complémentaires au titre des années académiques 2015-2016 et 2016-2017. Faute de quoi, aucune activité académique ne va être engagée. On se rappelle qu’il y a plus de deux (2) mois, la Coordination Nationale des Enseignants et Chercheurs (CNEC)- section Cocody, lançait une grève. Motif : exiger le paiement des heures complémentaires  (HC) dues aux enseignants au titre de l’année universitaire 2016-2017.

Deux mois après, quelle est la situation du paiement de ces HC, d’autant que la suspension de grève a été obtenue de la CNEC. Depuis le 20 octobre 2018, les cours ont bel et bien repris dans la plus grosse et la plus ancienne des Universités de Côte d’Ivoire. Sans que les paiements n’aient été effectués. Depuis lors, la CNEC ne dit plus mot.

Des enseignants jugeant la CNEC indolente, créent le  CODEC. C’est qu’à  la dernière Assemblée Générale de la  CNEC, la décision avait été prise de rentrer systématiquement en grève en cas de non application des résolutions de l’accord par la direction de l’Université.  L’inquiétude est allée grandissante.  Pourquoi le syndicat ne réagit-il plus conformément aux résolutions de la dernière AG ?Les premières réponses vont venir des membres de la CNEC eux-mêmes : un désaccord sur la méthode à utiliser pour continuer la lutte. Pour les uns, il faut s’en remettre au MESRS (une rencontre avec le Ministre qui ne viendra jamais) et prendre à témoin toute la communauté. Pour les autres, il faut déclencher une grève sans attendre. Dans ce chassé croisé à la recherche de la bonne solution, certaines langues vont commencer à se délier : Un  des responsables du syndicat, et non des moindres, aurait été aperçu, seul, sortant du bureau du Président de l’Université un soir vers 19h ; l’épouse d’un autre responsable aurait été récemment affectée à l’Université FHB. De plus en plus le bruit court, c’est dans le syndicat même que cela se dit, qu’il y aurait eu des propositions financières faites à 3 têtes responsables du syndicat.  Vrai ou faux ? Difficile de le dire. Mais on connait bien cet adage : « il n’y a pas de fumée sans feu ».Devant une telle situation, certains membres de la CNEC ont appelé à la rescousse l’ancien porte-parole de la CNEC, Flavien TRAORE. Une rencontre a eu lieu il y a quelques jours et des conseils ont été prodigués quant aux actions à mener, mais en vain…

 La déception est perceptible chez la plupart des enseignants sympathisants de la CNEC, qui ont cru en cette lutte. Et qui se retrouvent à se demander ce que vaut encore leur syndicat. Espérant que cette nouvelle formation va accélérer les choses, le CODEC souligne à travers la déclaration que depuis plus de deux ans, les enseignants de l’Ufhb font l’objet de mépris du fait de la politique managériale de la direction. « Ce mépris a connu son paroxysme, avec l’appel public du président de l’université au lynchage des enseignants-chercheurs et chercheurs par les étudiants dans l’indifférence générale de la communauté nationale et internationale », affirme le CODEC. Dans cette même déclaration, le collectif affirme que l’équipe dirigeante « use de tous les moyens pour arracher aux enseignants les acquis relatifs à leur statut ».

 Le collectif regrette, à ce jour, que la direction de l’Université, décide d’organiser à Yamoussoukro un séminaire pour la révision des maquettes pédagogiques. En fait de révision, il s’est agi de réduire les volumes horaires des enseignements, tout simplement. Alors même que les maquettes actuellement en cours ont été validés par le MENRS après un séminaire à Bingerville qui a vu la participation de toutes les Universités ivoiriennes et des experts internationaux

Le Codec trouve, de même, qu’il est dégradant et inadmissible qu’un enseignant de rang magistral (Maître de Conférences ou Professeur) perçoive 15 000 frs comme prime d’encadrement quand il fait soutenir un étudiant de master. Il est clair pour le collectif, que la qualité des enseignements reste le dernier des soucis des responsables de l’Université FHB.

Daniel N. Susper

Lemediacitoyen.com

 

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